Esra Tekin
23 Juillet 2026•Mise à jour: 23 Juillet 2026
La Türkiye a condamné jeudi « avec la plus grande fermeté » l’incursion menée par un ministre israélien, accompagné d’un groupe d’extrémistes et sous la protection des forces de sécurité israéliennes, dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem-Est occupée.
« Nous condamnons avec la plus grande fermeté l’incursion à la mosquée Al-Aqsa d’un ministre israélien, accompagné d’un groupe d’extrémistes et sous la protection des forces de sécurité israéliennes », a déclaré le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.
Ankara a souligné que la communauté internationale partageait la responsabilité de prévenir les « actes provocateurs » du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et les tentatives visant à créer des faits accomplis qui porteraient atteinte au statut historique et juridique des lieux saints de Jérusalem, notamment la mosquée Al-Aqsa, « un lieu de culte exclusivement réservé aux musulmans ».
Selon le Département islamique du Waqf à Jérusalem, 3 228 colons israéliens sont entrés jeudi matin dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa à l’occasion de Tisha BeAv, une fête juive commémorant la destruction des temples selon la tradition juive.
D’autres entrées étaient attendues après la prière de midi.
Des vidéos diffusées par des militants israéliens d’extrême droite montrent des groupes de colons effectuant des prières collectives face au Dôme du Rocher. Une autre vidéo montre un drapeau israélien hissé dans l’enceinte du site tandis que des participants chantent l’hymne national israélien, en présence de policiers israéliens.
Le gouvernorat de Jérusalem a indiqué que la police israélienne avait autorisé des groupes d’environ 150 personnes à entrer simultanément dans l’enceinte de la mosquée.
Les forces israéliennes ont également renforcé les restrictions aux portes de la mosquée et autour de la vieille ville de Jérusalem, déployant un important dispositif de sécurité dans ses cours et empêchant des fidèles palestiniens d’y accéder, selon la même source.
Le gouvernorat a par ailleurs affirmé que des fidèles avaient été agressés par les forces israéliennes alors qu’ils tentaient d’accéder au site pour la prière de l’aube.
Il a également dénoncé la tenue de rituels religieux juifs dans l’enceinte du site et indiqué que des groupes extrémistes appelant à la construction d’un temple juif mobilisaient leurs partisans dans le but de faire entrer jusqu’à 5 000 colons dans le complexe.
Ben-Gvir dans l’enceinte d’Al-Aqsa
Le gouvernorat de Jérusalem a condamné l’incursion du ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, la qualifiant d’« escalade dangereuse » et de « violation flagrante » du statu quo historique et juridique du site.
Selon le gouvernorat, cette visite s’inscrit dans une politique de « ciblage systématique des lieux saints islamiques » et dans des tentatives visant à imposer de nouvelles réalités à la mosquée Al-Aqsa.
Il a estimé que la participation de Ben-Gvir, parallèlement aux incursions de colons et de groupes favorables à la construction d’un « temple juif », constituait une évolution préoccupante, marquant le passage d’actions menées par des groupes extrémistes à une adoption officielle de ces initiatives par des responsables du gouvernement israélien.
Le gouvernorat a averti que ces violations pourraient avoir des conséquences sur la sécurité et la stabilité régionales, appelant la communauté internationale et les institutions internationales à intervenir pour y mettre fin.
Il a réaffirmé que l’ensemble de l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa, d’une superficie de 144 dounams (35,6 acres), constitue « un lieu de culte exclusivement islamique », ajoutant que toute mesure visant à modifier son identité ou son statut historique et juridique était « nulle et illégitime ».
Le député du Likoud Amit Halevi a également pénétré jeudi matin dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa.
*Traduit de l'anglais par Wafae El Baghouani