Fatih Gokbulut, Aykut Karadag
29 Juillet 2026•Mise à jour: 29 Juillet 2026
AA / Ankara
Organisé dans un hôtel de la capitale, l'événement réunit des représentants d'institutions publiques, d'organisations internationales, du monde universitaire et du secteur privé engagés dans la lutte contre les crimes liés à la propriété intellectuelle.
L'atelier rassemble notamment des représentants diplomatiques en poste en Türkiye d'environ 40 pays, ainsi que des représentants de l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI/WIPO), de l'Association internationale des marques (INTA), de l'Organisation mondiale de la santé (OMS/WHO) et de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).
Des membres des forces de l'ordre, des experts de ministères concernés, des organisations professionnelles, des plateformes de commerce électronique ainsi que des représentants de marques nationales et internationales y participent également.
Lors de son discours d'ouverture, le directeur général de la sûreté, Ali Fidan, a souligné que la propriété intellectuelle consiste fondamentalement à protéger, dans un cadre juridique, l'intelligence humaine, le travail et l'innovation.
Il a averti que les atteintes aux droits de propriété intellectuelle favorisent la prolifération sur le marché de produits médicaux contrefaits, fabriqués sans contrôle et dans des conditions non conformes. « Lorsque des médicaments contrefaits, contenant une quantité insuffisante de principes actifs, fabriqués dans des conditions d'hygiène inadéquates ou renfermant des substances chimiques nocives, sont mis sur le marché, cela peut parfois entraîner des conséquences mortelles », a-t-il déclaré. Selon lui, une telle situation constitue non seulement un risque individuel, mais aussi « une grave menace pour la sécurité publique » en érodant la confiance dans les capacités de contrôle de l'État.
Ali Fidan a également indiqué que les produits contrefaits et de contrebande fabriqués en violation des droits alimentent l'économie informelle, provoquent des pertes fiscales et constituent une source directe de financement pour les réseaux criminels et le terrorisme.
Estimant qu'il est impossible de protéger les investissements qualifiés et de bâtir une économie nationale compétitive à l'échelle mondiale dans un environnement privé de garanties juridiques pour la production et l'innovation, il a affirmé que, dans le cadre de la vision du « Siècle de la Türkiye » portée par le président turc, les autorités poursuivent avec détermination leur lutte contre les organisations criminelles qui portent atteinte à la propriété intellectuelle, à la production nationale, à la sécurité économique du pays et à la santé des citoyens.
Il a ajouté que la numérisation, l'anonymat et la dimension transnationale des nouvelles formes de criminalité imposent de dépasser les approches sécuritaires traditionnelles. À cette fin, la police turque investit dans les infrastructures technologiques, adapte la formation de son personnel et renforce sa coopération internationale afin de lutter sans relâche contre les crimes liés à la propriété intellectuelle.
« Les médicaments ne doivent jamais être obtenus en dehors de la chaîne d'approvisionnement légale »
Le directeur du département des relations internationales de l'EGM, Gokhan Demirtola, a déclaré que les crimes liés à la propriété intellectuelle ne se limitent pas à la contrefaçon de marques commerciales, mais constituent désormais l'une des principales sources de financement des organisations criminelles.
Selon lui, ces infractions se transforment en une véritable menace contre la santé publique. Il a précisé que la Direction générale de la sûreté travaille en coordination avec les organisations internationales pour renforcer la protection des droits de propriété intellectuelle.
Demirtola a ajouté que la lutte contre les produits alimentaires et agricoles contrefaits vise avant tout à protéger la santé publique et qu'une coopération étroite avec les autorités judiciaires, les institutions sanitaires et les organisations internationales permet d'améliorer l'efficacité des actions menées.
De son côté, Eray Kaplan, vice-président de l'Agence turque des médicaments et des dispositifs médicaux, a souligné que la lutte contre les médicaments contrefaits ne vise pas uniquement à protéger les marques, mais relève d'une mission de service public destinée à préserver la santé, la sécurité des citoyens et la confiance dans le système de santé.
Il a expliqué que la Türkiye suit l'ensemble des étapes de la chaîne d'approvisionnement grâce à un système de traçabilité des médicaments, mis en œuvre pour la première fois au monde dans le pays.
Selon lui, ce système empêche l'introduction de médicaments contrefaits, de contrebande ou non autorisés dans la chaîne d'approvisionnement légale. Toutefois, il a averti que « ce succès ne signifie pas que la menace a disparu, car les menaces évoluent constamment ».
Il a également mis en garde contre les ventes de médicaments sur internet, qu'il considère comme « une menace sérieuse». « Les médicaments ne doivent jamais être obtenus en dehors de la chaîne d'approvisionnement légale. Si un médicament est vendu sur internet, il est soit de contrebande, soit contrefait. Au mieux, il s'agit d'un produit sorti de la chaîne d'approvisionnement légale. Aucun site internet, compte sur les réseaux sociaux ou plateforme de commerce électronique ne peut remplacer le conseil professionnel d'un pharmacien ni une chaîne d'approvisionnement sécurisée », a-t-il déclaré.
En marge de l'atelier, une exposition présentant des produits authentiques et leurs contrefaçons a été organisée afin de sensibiliser les participants aux différences entre les deux.
*Traduit du turc par Ayse Bashoruz