Serap Doğansoy
31 Juillet 2026•Mise à jour: 31 Juillet 2026
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
La FIFA a annoncé ce vendredi qu’elle poursuivrait son projet de création d’une société commerciale ouverte aux investisseurs privés, malgré la menace unanime des 55 fédérations européennes de boycotter ses prochaines compétitions.
« Personne n’est en train de vendre le football. C’est quelque chose que la FIFA n’envisagerait jamais », a déclaré l’instance dans un communiqué, affirmant que le processus de consultation avait été perturbé par des « informations inexactes » diffusées dans les médias.
La FIFA a assuré avoir entendu les inquiétudes exprimées et s’est engagée à poursuivre une consultation « ouverte et démocratique », afin que chacune de ses 211 fédérations membres puisse se prononcer.
-L’UEFA menace de boycotter les compétitions
Réunies jeudi en urgence, les associations membres de l’UEFA ont rejeté « unanimement et sans équivoque » le projet. Elles ont menacé de ne plus participer aux compétitions de la FIFA tant que celui-ci ne serait pas abandonné et que des garanties contraignantes contre toute ouverture future au capital privé ne seraient pas apportées.
L’UEFA estime que la Coupe du monde ne peut devenir un « produit d’investissement » et reproche à la FIFA d’avoir élaboré sa proposition sans consultation significative.
La Confédération d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf) a également rejeté le projet. La Confédération asiatique (AFC) a regretté l’absence de consultation préalable, tandis que la Confédération africaine de football (CAF) a invité ses membres à l’examiner et à l’évaluer.
En France, le président de la Fédération française de football (FFF), Philippe Diallo, avait regretté mercredi que les fédérations aient découvert cette initiative par communiqué, estimant qu’elle soulevait « beaucoup d’interrogations ».
-Jusqu’à 4,2 milliards de dollars recherchés
Le projet prévoit la création de FIFA Forward Enterprise (FFE), une société chargée des activités commerciales liées notamment à la Coupe du monde.
La FIFA souhaite lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars auprès d’investisseurs privés, sur la base d’une valorisation de 20 milliards. Ceux-ci resteraient minoritaires, avec une participation d’environ 20 %.
L’instance assure qu’elle conserverait le contrôle exclusif de la société ainsi que l’ensemble de ses prérogatives sur la gouvernance du football, les compétitions, le calendrier et les décisions réglementaires.
La FIFA ambitionne ainsi de porter à 10 milliards de dollars le financement du développement du football au cours des quatre prochaines années. Si le projet est approuvé par une majorité de ses membres, chaque fédération pourrait recevoir 20 millions de dollars début 2027, contre une dotation totale de 8 millions prévue initialement pour la période 2027-2030.