Ben Amed Azize Zougmore
21 Juillet 2026•Mise à jour: 21 Juillet 2026
Les députés français doivent examiner mardi une proposition de loi visant à interdire l'accès aux principaux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une mesure qui ferait de la France le premier pays européen à adopter une telle législation si elle est définitivement approuvée.
Le texte prévoit une entrée en vigueur dès le 1er septembre. Il concernerait notamment Snapchat, TikTok, Facebook, Instagram, ainsi qu'une partie des services proposés par WhatsApp et YouTube.
Les plateformes auraient l'obligation de vérifier l'âge des nouveaux utilisateurs au moyen d'un dispositif de vérification d'identité, notamment via FranceConnect ou une autre solution agréée par les autorités. Les détenteurs de comptes déjà existants disposeraient d'un délai de quatre mois pour se conformer à ces nouvelles exigences.
« Les enfants auront l'obligation de justifier de leur âge (...) et, s'ils n'ont pas 15 ans, le compte sera fermé. C'est l'obligation qui pèse sur les plateformes », a expliqué Laure Miller, députée du groupe Ensemble pour la République, dans un reportage diffusé par franceinfo.
Selon la chaîne publique, les adolescents français passent en moyenne deux heures par jour sur les réseaux sociaux. La réforme suscite des réactions contrastées parmi les familles. « Je trouve que c'est très bien et que c'est même un peu tardif », a déclaré un parent interrogé, tandis qu'une adolescente a confié vouloir « continuer à regarder les réseaux ».
Les plateformes qui ne respecteraient pas la future réglementation s'exposeraient à une amende pouvant atteindre 6 % de leur chiffre d'affaires.
Selon les spécialistes interrogés par franceinfo, l'interdiction devrait s'accompagner d'une véritable éducation au numérique. « L'interdit n'est pas suffisant. Il faudra aussi envisager une éducation numérique (...) afin de permettre aux adolescents d'avoir un sens critique concernant leurs propres pratiques », a estimé l'un d'eux.
Le reportage rappelle que l'Australie a interdit l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans en décembre dernier. D'après les données citées, cette mesure aurait entraîné une baisse de 37 % du nombre d'adolescents présents sur ces plateformes.