Serap Doğansoy
05 Août 2026•Mise à jour: 05 Août 2026
La préfecture de police de Paris (PP) a indiqué mercredi poursuivre « sa recherche résolue de solutions » afin de limiter à 48 heures la prise en charge des patients à l’Infirmerie psychiatrique de la préfecture de police (IPPP), conformément à une décision rendue mardi par le Conseil d’État.
Dans une ordonnance rendue mardi, le Conseil d’État a enjoint au préfet de police de prendre « toutes mesures utiles » pour orienter au plus tôt les personnes accueillies à l’IPPP et respecter le délai légal de 48 heures.
Face à l’engorgement des établissements psychiatriques habilités, la haute juridiction a demandé à la préfecture d’élargir « sans délai » ses recherches de places en Île-de-France, voire au-delà.
Contactée par la presse française, la PP a assuré poursuivre la recherche de « solutions de soins d’aval dans des établissements hospitaliers psychiatriques ».
« Garantir la dignité des personnes »
L’IPPP accueille des personnes conduites par la police, notamment dans le cadre d’une garde à vue ou après un trouble à l’ordre public, afin d’évaluer la nécessité d’une hospitalisation psychiatrique.
En 2025, 334 des 1 456 personnes admises dans cette structure, soit près de 23 %, y ont séjourné plus de 48 heures, selon le Contrôleur général des lieux de privation de liberté. Certains patients y sont restés jusqu’à huit jours.
La préfecture a rappelé que leur dangerosité immédiate pour elles-mêmes ou pour autrui est attestée par un avis médical et que leur état nécessite des soins urgents.
Elle a souligné l’engagement du préfet à « garantir tant la dignité des personnes admises à l’IPPP que la sécurité des personnels qui en ont la charge ».
Plusieurs injonctions annulées en appel
Saisi en appel par la préfecture, le Conseil d’État a toutefois annulé plusieurs injonctions prononcées en juillet par le tribunal administratif de Paris.
La juridiction avait été initialement saisie par la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et le Syndicat des avocats de France (SAF), après une alerte du Contrôleur général des lieux de privation de liberté consécutive à une visite effectuée début mars.
La décision « annule la plupart des injonctions » formulées en première instance sur la base d’allégations que la préfecture dit avoir « vigoureusement contestées ». Elle valide par ailleurs, selon la PP, les modalités générales d’accueil et de prise en charge des personnes conduites et maintenues à l’IPPP.