James Tasamba
05 Août 2026•Mise à jour: 05 Août 2026
L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) progresse plus rapidement que le déploiement des mesures de riposte, a averti mercredi le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus.
La dernière flambée d’Ebola en RDC est devenue la deuxième plus importante au monde en nombre de cas enregistrés.
Depuis la déclaration de l’épidémie à la mi-mai, au moins 3 874 cas, dont 1 751 décès, ont été recensés, selon le dernier rapport de situation du ministère congolais de la Santé.
Le taux de létalité s’élève à 45,1 %.
En visite à Kinshasa, Tedros Adhanom Ghebreyesus a rencontré les partenaires sanitaires et humanitaires mobilisés dans la lutte contre l’épidémie afin d’examiner les principaux défis auxquels la riposte est confrontée.
« L’épidémie se propage plus rapidement que le renforcement de notre riposte, les nouveaux cas ayant doublé dans certains foyers au cours de la seule semaine écoulée », a-t-il écrit sur le réseau social américain X.
« Nous convenons tous qu’il est urgent d’intensifier massivement nos efforts dans tous les piliers de la riposte et avec l’ensemble des partenaires », a-t-il ajouté.
Le chef de l’OMS a insisté sur la nécessité de placer les communautés au cœur de la riposte, estimant qu’il serait impossible de mettre fin à l’épidémie sans leur confiance, leur leadership et leur partenariat.
« Cela implique d’atteindre chaque communauté touchée malgré l’insécurité et les déplacements de populations, de renforcer la coordination sous la direction du gouvernement, de garantir aux agents de santé la protection, la formation et le soutien dont ils ont besoin, ainsi que d’accélérer l’accès aux soins, à la surveillance épidémiologique et à des enterrements sûrs et dignes », a-t-il souligné.
Surveillance transfrontalière
Par ailleurs, la RDC et l’Ouganda ont mis en place un laboratoire mobile à leur frontière commune de Kasenyi afin de renforcer les capacités de diagnostic d’Ebola.
Située sur la rive occidentale du lac Albert, dans la province de l’Ituri, à l’est de la RDC, Kasenyi constitue un point de passage stratégique vers l’Ouganda. La localité, qui compte plus de 94 000 habitants, est particulièrement exposée au risque de propagation des maladies à potentiel épidémique.
Dans un communiqué, l’OMS a indiqué que ce laboratoire permettra de confirmer rapidement les cas, de renforcer la surveillance transfrontalière et de contribuer à interrompre les chaînes de transmission.
*Traduit de l'anglais par Wafae El Baghouani