Zehra Aydın,Sertaç Bulur,Tuncay Çakmak
16 Juin 2017•Mise à jour: 16 Juin 2017
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Premier ministre turc, Binali Yildirim, a critiqué la décision du principal parti d’opposition, le Parti Républicain du Peuple (CHP), de « chercher justice dans la rue », rappelant que la quête de solutions doit se faire au Parlement.
Le Chef du gouvernement turc a répondu, vendredi, aux questions des journalistes à Ankara.
Il s’est exprimé sur la marche initiée jeudi par le CHP pour contester l’arrestation du député Enis Berberoglu, condamné dans l’affaire des « camions du MIT ».
"Si M. Kilicdaroglu (président du CHP) souhaite rendre visite à M. Berberoglu, il n’a pas besoin de marcher d’Ankara à Istanbul à cette période de l’année où il fait chaud, de surcroit pendant le Ramadan", a-t-il d’abord ironisé.
Yildirim a souhaité souligner l’importance du respect de la justice.
"La quête de Justice ne se fait pas dans les rues. La Turquie est un état de droit. Un tribunal a pris une première décision. Ce n'est que la première étape du parcours juridique. Le parcours juridique n'est pas terminé. Même si nous ne partageons pas les conclusions d'un tribunal, nous sommes dans le devoir de les respecter", a-t-il déclaré.
Il a ensuite rappelé que l’assemblée nationale turque a voté en faveur de la levée de l’immunité de plusieurs élus poursuivis par la justice, dont le député Berberoglu.
"M. Kilicdaroglu semble oublier que lors du vote pour la levée de l'immunité de certains députés, le CHP et son député M. Berberoglu ont aussi voté en faveur de cette mesure. Tous les partis, à l'exception du HDP, ont voté en faveur de la levée de l'immunité. Il n'est donc pas logique et juste de protester aujourd'hui alors qu'ils savaient très bien qu'après ce vote ces députés allaient être jugés", a-t-il souligné.
"La quête de solution doit se faire au Parlement, pas dans les rues, c'est ce qu'on attend du principal parti d'opposition. Inviter les gens à sortir dans les rues est, pour le moins que l'on puisse dire, faire preuve d'irresponsabilité. La quête de justice ne se fait pas dans les rues", a-t-il dénoncé.
Binali Yildirim a indiqué qu’une telle marche qui devra durer plusieurs jours peut être la cible de provocations, même si le ministère de l’Intérieur a pris d’importantes mesures pour assurer la sécurité des manifestants.
"J’espère qu’ils mettront fin rapidement à cette marche et qu’ils viendront débattre de ce sujet au parlement. Nous travaillerons ensemble pour trouver une solution. La politique se fait au parlement et la justice se cherche dans les tribunaux", a-t-il conclu.