Politique

Tunisie: la Centrale syndicale appelle à un référendum sur le régime parlementaire

Pour l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), le régime parlementaire actuel est “impuissant”.

Meher Hajbi   | 16.07.2020
Tunisie: la Centrale syndicale appelle à un référendum sur le régime parlementaire

Tunisia

AA - Tunis

Le secrétaire général l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Noureddine Taboubi, a qualifié le régime parlementaire actuel d’impuissant, appelant, dans ce contexte, à un référendum.

C’est ce qui ressort de ses déclarations, jeudi, lors de son passage sur les ondes de la radio locale “Shems Fm” (privée).

Une déclaration qui intervient suite à la démission du Premier ministre, Elyes Fakhfakh sur fond de bras de fer avec le parti Ennahdha (islamique - 54 députés), et le limogeage de six ministres du mouvement.

“Le régime parlementaire est-il capable de réformer la Tunisie ?”, s’est ainsi interrogé Taboubi avant d’assurer que “la loi électorale doit être révisée”.

Pour le secrétaire général de la Centrale syndicale, “le pays est pris en otage”, appelant toutes les organisations et les acteurs nationaux à faire une pression positive pour ajuster la situation selon l'intérêt national.

“Le problème est fondamental, il émane du régime politique mis en place au lendemain de la Révolution populaire ayant renversé le Régime en 2011”, a-t-il souligné.

“Combien de temps continuerons-nous à jouer la symphonie de la transition démocratique alors que le pays est en situation de troubles ? Le régime parlementaire actuel n'est pas en mesure de présenter des propositions pour l'intérêt du pays et de trouver des solutions”, a-t-il conclu.

Mercredi, le Premier ministre Elyes Fakhfakh a annoncé sa démission et la destitution de six ministres issus d’Ennahdha de l’équipe gouvernementale.

Une motion de retrait de confiance du gouvernement Elyes Fakhfakh a été déposée, également mercredi, au bureau du Parlement avec la signature de 105 députés issus du mouvement Ennahdha, “Au Cœur de la Tunisie”, “Coalition al-Karama”, le bloc “al-Mostaqbal”, outre les indépendants.

Cette démarche a été précédée par l’annonce du mouvement Ennahdha de rassembler les signatures des députés pour le retrait de la confiance du gouvernement, conformément à la décision du Conseil de la Choura, qui s’est prononcé mardi.

Pour déposer la motion de retrait de confiance au Bureau du Parlement, le mouvement avait besoin de 73 députés signataires. Cette décision sera ensuite voté en séance plénière et nécessitera l’obtention de la majorité absolue des voix (109 députés sur 217).

Depuis le 27 février dernier, Fakhfakh préside une coalition gouvernementale formée de 4 principaux partis et d’un bloc parlementaire. Il s’agit d’Ennahdha (d’obédience islamique, 54/217 députés), du Courant démocrate (social-démocrate, 22), du Mouvement Echaab (nassérien, 14), du Mouvement Tahya Tounes (Libéral, 11) et du Bloc de la Réforme nationale (indépendants et partis libéraux, 16).

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