Politique

Tunisie : Fakhfakh écarte les ministres d’Ennahdha du gouvernement

- Quelques heures après que le Premier ministre ait présenté sa démission sur fond de bras de fer avec le mouvement islamique

Meher Hajbi   | 16.07.2020
Tunisie : Fakhfakh écarte les ministres d’Ennahdha du gouvernement

Tunisie

AA - Tunis

La présidence du gouvernement tunisien a annoncé, mercredi, la destitution de six ministres issus d’Ennahdha de l’équipe gouvernementale quelques heures après que le Premier ministre ait présenté sa démission sur fond de bras de fer avec le mouvement islamique.

Dans un communiqué rendu public, le gouvernement a fait savoir que Ahmed Gaâloul (ministre des Sport), Moncef Sliti (ministre de l’Équipement), Lotfi Zitoun (ministre des Affaires locales), Anouar Maarouf (ministre des Transports), Abdellatif Mekki (ministre de la Santé), et Slim Shoura (ministre de l’Enseignement supérieur), ont tous été démis de leurs fonctions.

Pour ce faire, le Chef du gouvernement a chargé d’autres ministres pour occuper ces postes vacants.

Asma S'hiri assurera l’intérim de Ahmed Gaâloul, Ghazi Chaouachi suppliera le départ de Moncef Sliti, Chokri Belhassen celui de Lotfi Zitoun, Fadhel Kraïem assurera l’intérim de Anouar Maarouf, Habib Kechaou se chargera également du ministère de la Santé et Lobna Jeribi sera à la tête du ministère de l’Enseignement supérieur.

En effet, le Président de la République, Kaïs Saïed a reçu, mercredi, la démission du Premier ministre, Elyes Fakhfakh, présentée “pour l’intérêt national et afin de se passer un conflit institutionnelle”.

Une motion de retrait de confiance du gouvernement Elyes Fakhfakh a été déposée, mercredi, au bureau du Parlement avec la signature de 105 députés issus du mouvement Ennahdha, “Au Cœur de la Tunisie”, “Coalition al-Karama”, le bloc “al-Mostaqbal”, outre les indépendants.

Cette démarche a été précédée par l’annonce du mouvement Ennahdha de rassembler les signatures des députés pour le retrait de la confiance du gouvernement, conformément à la décision du Conseil de la Choura, qui s’est prononcé mardi.

Pour déposer la motion de retrait de confiance au Bureau du Parlement, le mouvement avait besoin de 73 députés signataires. Cette décision sera ensuite voté en séance plénière et nécessitera l’obtention de la majorité absolue des voix (109 députés sur 217).

Le dirigeant au sein du mouvement islamique Abdelkarim Harouni avait affirmé que le Conseil de la Choura a chargé Rached Ghannouchi d’entamer des consultations sur la formation d’un nouveau gouvernement après les soupçons de corruption en relation avec Fakhfakh.

Pour Harouni, “la situation économique est délicate et la position du Premier ministre ne lui permet pas d’y faire face”, en référence aux suspicions de conflits d'intérêts.

De son côté, le Président Kaïs Saïed avait indiqué, lundi, qu'il refusait d’entamer des discussions pour former un nouveau gouvernement, tant que l'actuel Premier ministre ne présenterait pas sa démission ou qu'un acte d'accusation ne serait déposé contre lui.

Face à la démarche du Conseil de la Choura d’Ennahdha, Elyes Fakhfakh avait fait savoir, lundi, qu’un remaniement ministériel est à l’ordre du jour pour écarter les ministres du mouvement islamique du gouvernement.

Fakhfakh préside, depuis le 27 février dernier, une coalition gouvernementale formée de 4 principaux partis et d’un bloc parlementaire.Il s’agit d’Ennahdha (d’obédience islamique, 54/217 députés), du Courant démocrate (social-démocrate, 22), du Mouvement Echaab (nassérien, 14), du Mouvement Tahya Tounes (Libéral, 11) et du Bloc de la Réforme nationale (indépendants et partis libéraux, 16).

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