Politique

Tunisie de la révolution : une décennie déjà (chronologie)

- En voici les événements les plus marquants.

Mounir Bennour   | 14.01.2021
Tunisie de la révolution : une décennie déjà (chronologie)

Tunis

AA/Tunis/Mounir Bennour

À une décennie du déclenchement de la révolution tunisienne, le pays tente encore d'ancrer sa transition démocratique et cherche la stabilité politique et socio-économique qui comptent parmi les facteurs déclencheurs de la révolution tunisienne. Retour sur les principaux événements survenus en Tunisie depuis la chute de la dictature le 14 janvier 2011.

- 17 décembre 2010 : Mohamed Bouazizi, un jeune vendeur ambulant de fruits et légumes à Sibi Bouzid (Centre) s’asperge d’essence et s’immole par le feu pour protester contre la confiscation de son étalage. Il déclenche un mouvement de colère générale qui a rapidement gagné tout le pays.

- 14 Janvier 2011 : La situation échappe à tout contrôle, et ce, malgré le déploiement de l’armée qui a refusé de tirer sur les manifestants. Le président Ben Ali quitte le pays, sans jamais y revenir.

- 30 janvier 2011 : Rached Ghannouchi, leader du parti islamiste Ennahdha revient à Tunis après 22 ans d’exil à Londres. Retour aussi de tous les les opposants politiques exilés.

- 23 octobre 2011 : Premières élections après la chute de la dictature. Ennahdha gagne, mais ne gouverne pas seule. A la faveur de ces élections, une Assemblée constituante a été mandatée par le peuple pour rédiger une nouvelle constitution. Elle ne fonctionne pas selon la règle de la majorité/minorité mais selon le principe du consensus.

- 12 décembre 2011 : L’assemblée nationale constituante choisit le militant des droits de l’homme, Moncef Marzouki comme premier président de la république tunisienne après la «révolution». Le dirigeant d’Ennahdha, Hamadi Jebali, est chargé de former le nouveau gouvernement, alors que Mustapha Ben Jaafar, est élu président de l’Assemblée. Les trois hommes représentent une coalition entre trois partis, le Congrès pour la République, Ennahdaha et Ettakattol. C’est la Troïka qui va diriger le pays pendant plus d’une année.

- 14 septembre 2012 : Une attaque menée par des centaines de manifestants et quelques dizaines de casseurs contre l'ambassade américaine à Tunis. L'état de désorganisation manifeste des forces de l'ordre révèle une grave crise sécuritaire dans le pays. Bilan : 4 manifestants sont morts et une centaine de blessés.

- Décembre 2012 : La nouvelle constitution n’est pas encore prête au bout d'une année. Le tiraillements idéologiques entre les conservateurs d’Ennahdha et les progressistes de différentes formations politiques éparpillées empêche la rédaction du texte. Les critiques commencent à prendre de l’ampleur contre la Troïka.

- 6 février 2013 : Assassinat de l’avocat Chokri Belaïd, chef du Mouvement des patriotes démocrates unifiés. Le même jour, Hamadi Jebali, Premier ministre, annonce la dissolution du gouvernement. La tension et la colère montent contre Ennahdha, encore au pouvoir.

- 22 février 2013 : Le président Marzouki charge le ministre de l’Intérieur Ali Laarayedh (Ennahdha) de former un nouveau gouvernement.

- 25 juillet 2013 : Assassinat par balles de Mohamed Brahmi, député du Front populaire, devant son domicile à Tunis.

- 14 décembre 2013 : Sous la pression de la rue, de l’opposition et de la société civile, Ennahdha cède le gouvernement, en faveur d’une formation ministérielle consensuelle dirigée par un technocrate : Mehdi Jomâa qui dirigera le gouvernement jusqu’aux élections de 2014.

- 26 janvier 2014 : L’assemblée constituante achève sa mission en adoptant une nouvelle constitution avec 200 voix pour, 12 contre et 4 abstentions. L'événement marque la naissance de la deuxième République avec un régime semi présidentiel, qui donne la gestion du pays au gouvernement et la représentation diplomatique et les questions liées à la défense à la présidence. La nouvelle constitution favorise également la décentralisation par la création de Conseils régionaux. De nouvelles institutions constitutionnelles ont été créées pour l’organisation des élections et la régulation du secteur audiovisuel.

- 26 octobre 2014 : Premières législatives après la révolution. Ennahdha (79 sièges au parlement) est battue par le nouveau parti fondé en avril 2012 par Beji Caïd Essebsi, Nidaa Tounes (85 sièges).

- 21 décembre 2014 : Béji Caid Essedsi gagne le deuxième tour de la présidentielle, contre Moncef Marzouki avec un score de 57 % contre 42 % des voix.

- 18 mars 2015 : Des terroristes attaquent un bus de touristes en visite au musée du Bardo (à côté du parlement) faisant 22 victimes.

- 26 juin 2015 : Un terroriste ouvre le feu sur des touristes sur la plage de Sousse (140 km au sud de Tunis), tuant 38 personnes en majorités des Anglais. Un coup fatal pour le tourisme et l’économie.

- 9 octobre 2015 : Le prix Nobel de la paix est attribué au Quartette, composé de la centrale syndicale, du patronat, de la Ligue des droits de l’homme et de l’Ordre des avocats. Ces organisations avaient un rôle déterminant de médiation entre les tendances politiques pour rapprocher les points de vue et favoriser le dialogue et le consensus.

- 24 novembre 2015 : un attentat suicide vise un bus de la garde présidentielle, un corps d’élite, faisant au moins 12 morts.

- 7 mars 2016 : Daech attaque la ville de Ben Guerdane et s’en prend aux positions de l’armée, de la police et de la garde nationale. Les combats ont fait plus de 50 morts, dont 36 terroristes.

- 13 juillet 2016 : signature du pacte de Carthage entre 9 formations politiques et les principales organisations nationales. Les parties signataires se sont engagées, entre autres, à lutter contre le terrorisme et la corruption, la relance de l’économie, le développement régional et la formation d’un gouvernement d’union nationale.

- 3 août 2016 : Youssef Chahed est nommé chef du gouvernement d’union nationale.

- 29-30 novembre 2016 : Tunisia 2020 est un forum international que la Tunisie a organisé pour séduire les investisseurs. Elle parvient à lever plus de 30 milliards de dollars de promesses d’investissement.

- 9 décembre 2017 : Adoption de la loi de finances 2018 avec introduction de nouvelles taxes et augmentations de la TVA et la taxe à la consommation.

- Du 8 au 11 janvier 2018 : Des heurts avec les force de l'ordre ont lieu à Tunis et dans plusieurs gouvernorats provoquant la mort d'un manifestant à Tebourba petite ville située à environ 40 kilomètres de la capitale. Les manifestations sont provoquées par la mise en place de mesures d’austérité et les hausses de prix au 1er janvier.

- 6 mai 2018 : Tenue des élections municipales dont les résultats sont marqués par la victoire des listes indépendantes avec un score de 32,9 % du total des suffrages. Le Mouvement Ennahda et le parti Nidaa Tounes obtiennent respectivement 28,64 % et 20,85 % des voix dans ces élections où le taux d'abstention à atteint les 66,3 %.

- 3 juillet 2018 : Élection de la première femme maire de la ville de Tunis en la personne de Souad Abderrahim du Mouvement Ennahdha.

- 29 octobre 2018 : Attentat-suicide visant un groupe de policiers sur l’Avenue Habib Bourguiba, au cœur de la capitale Tunis est perpétré par une jeune femme. L'attentat n'a pas fait de morts mais il a blessé une vingtaine de personnes.

- 24 décembre 2018 : Abdel Razzaq Zorgui, un journaliste d’une chaîne privée de la région de Kasserine s’immole par le feu en signe de protestation contre la situation économique et sociale difficiles du gouvernorat.

- 27 janvier 2019 : Annonce officielle de la création du parti Tahya Tounes (Vive la Tunisie) à Monastir dans le centre-est de la Tunisie. Le nouveau parti est fondé par Youssef Chahed, l'ancien Chef du gouvernement, et formé par d'anciens députés de Nidaa Tounes qui ont fait sécession pour créer un groupe baptisé « Coalition nationale ».

- 6 mars 2019 : Une infection nosocomiale fait un bilan de quinze décès de nouveau-nés, pour la plupart prématurés, à la maternité de l'hôpital public la Rabta. Cet événement choque l'opinion publique et révèle la dégradation qui sévit dans le secteur de la santé publique contraignant le ministre de la Santé, Abderraouf Cherif à démissionner de son poste le 10 mars.

- 6 avril 2019 : Le président tunisien Béji Caïd Essebsi annonce, lors du congrès de Nidaa Tounès à Monastir, qu'il ne se présentera pas aux élections présidentielles prévue en novembre de la même année.

27 avril 2019 : L'opinion publique est vivement secouée par la mort de 12 ouvrières agricoles suite à un accident du du pick-up qui les transportait dans la Délégation de Sebala (gouvernorat de Sidi Bouzid).

- 27 juin 2019 : Béji Caïd Essebsi, le président de la République est victime d'un « grave malaise », donnant lieu à des rumeurs de son décès. Il finira par quitter l'hôpital au 1er juillet.

À la même date, un double attentat-suicide revendiqué par Daech est perpétré à Tunis, ciblant une caserne de la garde nationale et une patrouille de police. Bilan : un mort parmi le personnel des force de l’ordre.

- 25 juillet 2019 : Le président de la République, Béji Caïd Essebsi décède. Le président du Parlement, Mohamed Ennaceur assure la fonctions par intérim comme le stipule la Constitution. Des funérailles nationales du président sont observées le 27 juillet.

- 23 août 2019 : Nabil Karoui, un homme d'affaire notoire et chef du parti Qalb Tounes fait l'objet d'un mandat de dépôt émis par la chambre d’accusation de la cour d’appel de Tunis, et ce, dans le cadre d’une affaire d’évasion fiscale et de blanchiment d'argent.

- Du 2 au 14 septembre 2019 : Début de la campagne officielle de l’élection présidentielle tunisienne.

- 15 septembre 2019 : Kais Saïed et Nabil Karoui arrivent en tête au premier tour de l’élection présidentielle, et se qualifient pour le second tour prévu au mois d'octobre, avec un score respectif de 18,4 % et 15,6 % des suffrages.

- 6 octobre 2019 : Mouvement Ennahdha vainqueur des élections législatives avec 19,55 % des voix et 52 sièges. Le parti Qalb Tounes, récemment fondé par l'homme d'affaires Nabil Karoui remporte 14,49 % des voix et 38 sièges à l'Assemblée.

- 13 novembre 2019 : L’Assemblée des représentants du peuple élit Rachid Ghannouchi, chef et fondateur du Mouvement Ennahdha en tant que son nouveau président.

- 15 novembre 2019 : Sur proposition du Mouvement Ennahdha, le président de la République Kais Saïed charge l'ancien secrétaire d’État auprès du ministre de l’Agriculture, Habib Jemli, de former un nouveau gouvernement.

- Du 2 au 20 janvier 2020 : Le gouvernement « de compétences indépendantes » formé par Habib Jemli est rejeté.

- Du 19 au 27 février 2020 : Investiture du gouvernement d’Elyes Fakhfakh imposé par le président Kaïs Saïed. Le président du Parlement Rached Ghannouchi, sous la pression de la présidence de la République, accepte de soutenir l’investiture du gouvernement d’Elyes Fakhfakh, ce dernier avait été nommé chef du gouvernement en janvier de la même année.

- 6 mars 2020 : Un attentat-suicide contre l’ambassade américaine avec pour bilan la mort d’un policier en plus des deux kamikazes.

- 9 mars 2020 : À la suite de la tenue d'un conseil de sécurité nationale, le président de la République Kaïs Saïed, annonce de nouvelles mesures pour contrer la propagation de la pandémie de coronavirus dont la limitation des transports avec l'Italie et la suspension des cours dans tous les établissements scolaires et universitaires à partir du 12 mars.

- 15 juillet 2020 : Démission du Chef du gouvernement Elyes Fakhfakh.

Le président Kaïs Saïed qui entend éviter la chute du gouvernement sous l’effet d’une motion de censure du Mouvement Ennahda, qui est pourtant membre de la coalition gouvernementale, ce qui donnerait au Mouvement conservateur la possibilité de désigner le nouveau chef du gouvernement.

- 25 août 2020 : Investiture du gouvernement de Hichem Mechichi qui a été nommé Chef du gouvernement en juillet. Celui-ci forme, au 2 septembre, « un gouvernement de compétences indépendantes » comprenant des hauts fonctionnaires, des universitaires et des cadres du secteur privé au détriment de profils appartenant aux paysage politique d'où le mécontentement de certains partis politiques.

- 29 octobre2020 : Le gouvernement Mechichi annonce de nouvelles mesures pour endiguer la progression rapide du virus dans le pays dont un couvre-feu national.

- 22 décembre 2020 : La garde à vue du ministre de l'Environnement limogé Mustapha Laroui, et de 7 autres personnes pour les besoins de l'enquête sur l'affaire de l'importation de cargaisons de déchets italiens en Tunisie.

- 24 décembre 2020 : Un mandat de dépôt est émis à l'encontre de Nabil Karoui par le pôle financier judiciaire de Tunis sur fond d'accusations de blanchiment d'argent et d'évasion fiscale, dont il fait l'objet.

- 26 décembre 2020 : Le président tunisien Kaïs Saïed a décidé de prolonger de six mois l’état d’urgence dans le pays, jusqu’au 23 juin 2021.



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