AA/Kinshasa/Raoul Biletshi
Le secrétaire général du parti d’opposition congolais UNC (Union pour la nation congolaise) Jean-Bertrand Ewanga, arrêté mardi pour « offense au chef de l’Etat », a été transféré la même nuit à la prison centrale de Makala, sur ordre du Parquet, a appris mercredi Anadolu auprès de l’UNC.
«Nos avocats ont soulevé l’inconstitutionnalité de la procédure d’arrestation de notre secrétaire général qui bénéficie d'immunité en tant que député national. Nous attendons que la Cour constitutionnelle se prononce à ce sujet», a renseigné Mayo Mambeke, également député national et membre de l’UNC, joint par téléphone.
Il a ajouté que « les juges de la Cour suprême de justice ont décidé de suspendre le procès d’Ewanga qui s’est déroulé mardi soir et de le placer en résidence surveillée. Mais, en attendant d'organiser cette mise en résidence surveillée, le Procureur général de la République a ordonné son transfert à la prison centrale de Makala ». Pour M.Mambeke il s'agit plutôt de "manœuvres habituelles pour garder en prison des opposants".
D’après le ministre congolais de l’Intérieur, Richard Muyej, Ewanga a été arrêté pour «injures au chef de l’Etat», proférés lors d’un meeting populaire.
Le ministère public, lui, accuse Ewanga, d’avoir traité le président Joseph Kabila de « voleur et de Rwandais ».
«Nul n’est au-dessus des lois» avait déclaré M. Muyej, lors d’un point presse tenu mardi soir à Kinshasa.
«J’avais déjà rappelé aux partis politiques le pacte républicain à observer, il est malheureux de constater qu’il y’ait des dirigeants politiques qui continuent à tenir des propos incitant à la violence, à la propagation des rumeurs, à la diffamation, à la diabolisation et aux attaques personnelles ciblant les dirigeants des institutions de la république», avait encore rappelé le ministre.
Plusieurs partis de l'opposition, notamment la coalition des « forces politiques et sociales de la République démocratique du Conogo» ont dénoncé, publiquement « la planification du musèlement de l’opposition » et ont appelé à "la libération immédiate" de l'opposant détenu.