AA / Nouakchott / Sidi Ould Abdallah
Des centaines de partisans de l'Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste en Mauritanie (IRA) ont manifesté devant le Palais de justice (complexe de tribunaux), à Nouakchott, par solidarité avec trois partisans du mouvement jugés pour rassemblement illégal et planification d’actes subversifs.
Les manifestants ont scandé des slogans contre l’esclavagisme, notamment «à bas le régime de la discrimination raciale», «stop à l’oppression de Haratines (anciens esclaves)», a rapporté le correspondant de Anadolu.
La police a formé un cordon de sécurité entre les manifestants et le palais de justice, où trois éléments de l’IRA, arrêtés en novembre 2014, comparaissaient devant le tribunal, notamment le porte-parole du mouvement, al-Saad Ould Oualid.
Les manifestants ont appelé les autorités judiciaires à assurer le droit des trois accusés à un procès juste.
Fondé en 2011, l’IRA est un mouvement des droits de l’Homme qui se spécialise en particulier dans la défense des anciens esclaves en Mauritanie. Elle est présidée par Biram Ould Abidi, un activiste mauritanien des droits de l’homme de grande renommée (appartenant à la classe des anciens esclaves).
En Mars dernier, le gouvernement mauritanien a mis en place une «feuille de route» pour lutter contre les répercussions des pratiques esclavagistes. Cette feuille de route comporte 29 recommandations d'ordre juridique, économique et social en vue de lutter contre l’esclavagisme.
La première abolition réelle de l’esclavagisme en Mauritanie est intervenue en 1982, mais des activistes des droits de l’Homme estiment que les pratiques esclavagistes persistent dans toutes les régions du pays, tandis que les autorités confirment qu’elles déploient des efforts inlassables pour éradiquer ce phénomène.