Sanaa Ou Amir Ahamada
03 Août 2026•Mise à jour: 03 Août 2026
.AA/Istanbul/Sanaa Amir
Une organisation non gouvernementale marocaine a dénoncé dimanche l'absence de communication officielle des autorités après l'afflux massif de migrants marocains vers l'enclave espagnole de Ceuta, appelant à davantage de transparence sur le bilan humain et la gestion de cette crise migratoire, a rapporté Franceinfo.
Dans un communiqué, l'Observatoire du nord des droits de l'Homme (ONDH), une ONG fondée en 2012 dans la ville de Fnideq, a critiqué le silence des autorités marocaines concernant les événements survenus ces derniers jours à la frontière avec l'enclave espagnole.
L'organisation « dénonce l'absence de communication officielle marocaine clarifiant la réalité des faits, fournissant un bilan précis des victimes, des disparus et des blessés, et expliquant la manière dont les différentes phases des événements ont été gérées ».
Selon l'ONG, « ce silence constitue (...) un mépris du droit de la société à l'information et du droit des familles à la vérité », estimant qu'une communication officielle est indispensable pour répondre aux interrogations des proches des victimes et de l'opinion publique.
L'ONDH appelle également les autorités à mettre en place « un dispositif humanitaire d'urgence pour identifier les corps des victimes », tout en réclamant la publication d'un bilan officiel détaillant le nombre de morts, de disparus et de blessés.
Cette prise de position intervient alors que les autorités espagnoles font état d'une crise migratoire d'une ampleur inédite à Ceuta. Selon Madrid, plus de 60 000 personnes sont parvenues à rejoindre l'enclave espagnole ces derniers jours, principalement à la nage ou en empruntant les rochers longeant la frontière.
Les autorités espagnoles indiquent que la quasi-totalité des migrants ont depuis été renvoyés vers la ville marocaine voisine de Fnideq. Elles font également état d'un lourd bilan humain, avec au moins 72 morts recensés côté espagnol parmi les personnes ayant tenté de franchir la frontière.
L'afflux massif de migrants a conduit l'Espagne à déployer d'importants moyens militaires et sécuritaires dans l'enclave, tandis que plusieurs organisations de défense des droits humains appellent à l'ouverture d'enquêtes afin d'établir les circonstances des décès et de garantir le respect des droits des migrants.
Au moment de la publication du communiqué de l'ONDH, les autorités marocaines n'avaient pas communiqué de bilan officiel sur les victimes ni réagi publiquement aux critiques formulées par l'organisation, selon Franceinfo.