Politique

Manifestation à Tunis pour dénoncer la persécution des Musulmans de Myanmar

Hatem Kattou   | 08.09.2017
Manifestation à Tunis pour dénoncer la persécution des Musulmans de Myanmar

Tunis

AA / Tunis / Bouazza Ben Bouazza

A l’appel de partis d’opposition et de plusieurs organisations de la société civile, quelque 200 manifestants se sont rassemblés vendredi après-midi à Tunis pour exprimer leur solidarité avec les Rohingyas, la minorité musulmane de Birmanie (ou Myanmar en Birman), et dénoncer les exactions dont ils sont l’objet.

« Nous sommes venus dénoncer les crimes horribles commis à l’endroit de la minorité des Rohingyas en Birmanie », a déclaré à l’agence Anadolu, le président de l’Association culturelle Ibn Khaldoun, Khaled Tablaoui.

Dans un communiqué, cette association considère ce qui se passe au Myanmar comme « une extermination collective et une épuration ethnique ».

« Save Rohingyas in Arakan Myanmar », « No genocide », « Stop bloodshed in Burma », « Où est l’Organisation des Nations Unis ? Où sont les droits de l’homme ? », pouvait-on lire sur certaines pancartes brandies par les manifestants qui tenaient des photos illustrant des actes de torture, des agressions sauvages et des scènes montrant les Horingyas fuyant les soldats birmans qui les pourchassaient.

Le dirigeant du parti le « Courant Al mahabba » (Courant de l’amour), Issam Bargouri, a lancé un appel pour que la Communauté internationale fasse pression sur les autorités birmanes pour les contraindre à mettre fin à ces exactions inhumaines ».

« Comment expliquer ce mutisme implacable face à des pratiques semblables à celles des nazis ? », s’est interrogé un manifestant, Ahmed Belgacem. « Eveillez vos consciences arabes et musulmans », a lancé un autre participant.

Le Secrétaire général du « Courant démocratique », Mohamed Abbou s’est joint à la manifestation devant le théâtre municipal de Tunis, pour dénoncer à son tour ce qu’il a qualifié de « crimes contre l’humanité ».

Virulent militant contre l’ancien régime dictatorial en Tunisie, Abbou s’est dit perplexe devant l’attitude de la cheffe du gouvernement birman, Aung San Suu Kyi, lauréate du Prix Nobel de la paix en 1991.

« Elle n’a rien fait pour changer les choses, arrêter les crimes d’Etat commis par les soldats et la transgression des droits de l’homme dans son pays », s’est-il désolé.

« Il faut que l’ONU prenne position à l’occasion de l’assemblée générale en septembre prochain pour mettre fin à ces crimes et presser la Russie et la Chine de ne plus utiliser leur droit de véto pour protéger le régime birman », a-t-il déclaré.

Depuis le 25 août, l'armée du Myanmar procède à un génocide contre les musulmans Rohingyas à Arakan, dans le sud-ouest du pays, provoquant une vague de condamnation à travers le monde, en particulier parmi les musulmans.

Il n'y a pas de statistiques claires sur les victimes du génocide. Mais lors d'une interview accordée à Anadolu, le militant Rohingya Omran al-Arakani a évoqué un bilan de 7 mille 500 morts et 6 mille 541 blessés depuis le début du génocide jusqu’à mercredi.

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