AA/ Antananarivo/ Alain Ilioniaina
Pour lutter contre le fléau des trafics maritimes, notamment la piraterie, Madagascar se dotera, bientôt, d'un Centre de fusion d'informations maritime (IFC) qui sera sa véritable planche de salut contre ce fléau.
Ce centre servira à la sécurisation des trafics maritimes dans le Sud-Ouest de l'océan Indien, selon Béatrice Atallah, ministre malgache des Affaires étrangères.
La construction d'un tel centre à Madagascar a été décidée, le 20 mai, par la Commission de l’Océan Indien (COI), au détriment de trois autres candidatures de pays membres de la commission: Seychelles, Maurice et Kenya qui avaient, alors, montré leur disposition à accueillir le centre.
"Le but étant d'assurer un meilleur contrôle du trafic transitant par la partie Sud-Ouest de l’Océan indien, particulièrement affectée par la contrebande et la piraterie", a déclaré Atallah lors d'une conférence de presse, donnée, mercredi, à Antananarivo.
Jean Dominique Rakotozafy, ministre de la Défense malagache, a, de son côté, précisé à Anadolu que "ce centre permettra de mieux maîtriser les données maritimes dans la zone sud-ouest de l'océan indien" ajoutant que "le Centre de fusion d'informations devrait permettre de collecter des données dans la zone allant entre le Golfe d'Aden jusqu'aux Maldives et un peu plus dans le sud et permettre de suivre en temps réel tout ce qui se passe dans cette zone, qu'il s'agisse de circulation de bateaux commerciaux, de pollution, d'immigration clandestine, de piraterie ou encore de trafic en tout genre".
Jean-Claude de l'Estrac, secrétaire général de la COI, a, pour sa part, déclaré à la presse que "c'est un projet auquel Madagascar tient à cœur et qui va démarrer dans les semaines qui viennent" sans donner de date précise prévue pour le démarrage et la fin des travaux.
Aldo Dell'Ariccia, ambassadeur de l'Union Européenne à Maurice, Seychelles, les Comores et Mayotte, a, pour sa part, relevé que l'IFC permettra de hisser la sécurité maritime dans la partie sud-ouest de l'Océan indien, rappelant qu'en 2007 la situation y était dramatique avec "un nombre considérable d'attaques qui ont rendu la circulation dans le large de la Somalie particulièrement périlleuse".
L'édification d'un tel centre est d'autant plus importante que le trafic dans la zone d'intervention est particulièrement important, a, encore, relevé le ministre de la Défense malgache précisant : "près de 25% du trafic maritime mondial transite par l'océan Indien et près de 3000 bateaux par an empruntent le Sud de Madagascar" .
Lucien Razafindrakoto, secrétaire général du Syndicat général maritime (Sygma) a estimé, quant à lui, que le projet devra constituer une opportunité économique pour la Grande île notant qu'"A cause des actes de piraterie, le trafic maritime a, notablment baissé, augmentant au passage le coût du frêt et affectant la compétitivité du pays" a-t-il déclaré à Anadolu estimant à "750 millions USD par an" la perte assumée par Madagascar en raison de ces actes.
Le projet est financé par l'Union européenne, à travers le programme « Maritime Security – MASE », au niveau de la COI, réunissant les Seychelles, Comores, La Réunion, Maurice et Madagascar. Il est financé à hauteur de 41,7 millions de dollars répartis sur 5 ans. Le projet MASE entre dans une vaste initiative de l'Union européenne contre la piraterie maritime.