Politique

Libye/Dbeibeh: "L'absence d'une véritable Constitution est notre principal problème"

- Le Premier ministre libyen a déclaré lors de son intervention devant la Conférence de soutien à la Constitution que la Libye a un besoin urgent d'une Constitution à même de protéger le pays

Ammar El Khalfi   | 23.01.2022
Libye/Dbeibeh: "L'absence d'une véritable Constitution est notre principal problème"

Libyan

AA / Mohammed Erteima

Le Premier ministre libyen, Abdelhamid Dbeibeh, a déclaré, dimanche, que le principal problème de la Libye tenait à l'absence d'une véritable Constitution sur laquelle se baser pour organiser des élections.

C'est ce qui ressort de son intervention devant la conférence de soutien à la Constitution, sous le slogan "La Constitution d'abord", qui s'est tenue dans un hôtel de la capitale, Tripoli.

Le vice-président du Conseil présidentiel Abdallah El-Lafi, le président du Haut Conseil d'Etat Khaled Mechri, le vice-président du Parlement Faouzi El-Nuwairi, le maire de Tripoli Ibrahim El-Khlifi, et un certain nombre d'ambassadeurs dont l'ambassadeur de Turquie, Kanaan Yilmaz, ainsi que des ministres et des officiels du gouvernement libyen ont assisté à la conférence.

"Notre problème aujourd'hui est que ce peuple n'a pas de véritable Constitution", a déclaré Dbeibeh.

Et d'ajouter : "Nous sommes confrontés aujourd'hui à la nécessité d'avoir une Constitution qui protège la patrie et le citoyen, et d'élections parlementaires et présidentielles qui soient en conformité avec cette Constitution."

Il a exhorté "toutes les parties à se mobiliser pour appuyer le choix constitutionnel comme base du processus démocratique. (...) à faire en sorte que les élections se déroulent dans le respect de la Constitution."

Abdallah El-Lafi a pour sa part déclaré : "Les élections ont été reportées du fait que les facteurs que nous avons œuvré à mettre en place n'ont pas reçu l'attention nécessaire (...) Nous nous devons d’œuvrer à les assurer et de nous battre pour y parvenir."

Il a expliqué que le premier facteur est "une Constitution approuvée par le peuple pour être le cadre général de toutes les lois et pour déterminer les pouvoirs et les mandats accordés aux autorités (...) ainsi que pour assurer l'aspect sécuritaire."

Le Premier vice-président de la Chambre des représentants libyenne a quant à lui exprimé son "soutien personnel au projet de Constitution et au référendum sur ce texte fondamental, afin que le peuple ait son mot à dire."

"Les membres de la Chambre des représentants appellent tous les Libyens à faire front commun pour surmonter ce problème et cette entrave afin de parvenir à une phase de stabilité reposant sur des élections présidentielles et parlementaires conformes à la Constitution", a-t-il ajouté

De son côté, le premier vice-président du Haut Conseil d'État, Massoud Obeid, a déclaré que la stabilité de la Libye ne sera pas atteinte sans "l'adoption d'une Constitution permanente pour le pays (...) Il n'y a rien qui empêche la concrétisation de ce projet. Le texte de la Constitution doit être soumis à un référendum dans les plus brefs délais, et des élections doivent être organisées conformément à cette Constitution".

Aguila Saleh, président du Parlement, avait appelé, la semaine dernière, à "la formation d'une commission de 30 intellectuels, écrivains ainsi que des professeurs spécialisés dans le droit constitutionnel, appuyés par une expertise internationale arabe et étrangère, pour rédiger une Constitution consensuelle dans un délai ne dépassant pas un mois à compter de sa prise de fonction".

L'Assemblée constituante chargée de la rédaction de la Constitution en Libye a ainsi jugé que l'appel de Saleh à former une autre commission pour rédiger une constitution consensuelle risquait "de précipiter le pays dans une plus grande crise."

En février 2014, les Libyens ont élu un organe constitutif de 60 membres pour la rédaction de la Constitution, baptisé "Comité des soixante". En juillet 2017, le comité a adopté, à la majorité des deux tiers, le projet de Constitution, qui n'a pas été soumis à référendum à ce jour pour diverses raisons.

En raison des divergences entre les institutions officielles libyennes sur la loi électorale et le rôle du pouvoir judiciaire dans le processus électoral, il n'a pas été possible d'organiser les élections présidentielles et parlementaires qui étaient prévues le 24 décembre.


*Traduit de l’Arabe par Mourad Belhaj

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