Mourad Belhaj
13 Novembre 2019•Mise à jour: 14 Novembre 2019
AA – Beyrouth – Raya Shartouni
L'armée libanaise a intensifié son déploiement sur la route menant au Palais présidentiel de Baabda, à Beyrouth, dans le cadre de mesures de sécurité strictes.
Ces mesures faisaient suite à l'escalade de la colère populaire après la diffusion, mardi soir, d'une interview télévisée du Président Michel Aoun.
Mardi soir, un manifestant a été tué dans la région de Khaldeh, dans le sud de Beyrouth, lors d'une tentative de l'armée pour ouvrir une route bloquée par des manifestants dans la capitale, après l’interview d’Aoun.
Les manifestants ont bloqué plusieurs routes, mercredi matin, dans la capitale libanaise, notamment le pont Ring, qui surplombe le centre-ville de Beyrouth.
Le Premier ministre libanais sortant, Saad Hariri, a appelé les Libanais à "maintenir l’aspect pacifique de leur mouvement, et de ne pas laisser la voie libre aux intrigants de tous bords".
Hariri a déclaré, dans un communiqué, qu'il avait contacté le commandant de l'armée libanaise et le commandant de la sécurité intérieure, afin de prendre des mesures pour protéger les citoyens, à la suite de l'annonce de la mort de l'un des manifestants.
L'armée a annoncé, mercredi à l'aube, que l'un de ses éléments avait abattu un manifestant dans le sud de Beyrouth, alors qu'il tentait d'ouvrir une route fermée par des manifestants, soulignant qu'une enquête avait été ouverte à ce sujet.
Dans un contexte connexe, le bureau d'information du ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, membre du gouvernement de transition, Akram Shohayb, a publié une déclaration dans laquelle il annonçait "la suspension" des études dans toutes les écoles et universités, publiques et privées.
Peu de temps après l’interview d’Aoun, mardi soir au Palais présidentiel de Baabda, des manifestants libanais se sont précipités sur les principales routes du pays et les ont coupées.
Les manifestants ont considéré le discours d'Aoun comme "provocateur" et qu’il a tenu des propos dédaigneux envers leur soulèvement, notamment en "appelant ceux qui n’apprécient pas la situation au Liban à émigrer hors du pays".
Le Liban est, depuis le 17 octobre, le théâtre d’un soulèvement populaire, après que le gouvernement démissionnaire ait inclus de nouvelles taxes et redevances dans le budget 2020.