Politique

Le retrait de Haftar de Syrte et d’al-Jofra : condition de Tripoli pour une trêve (Cavusoglu)

Mona Saanouni   | 12.07.2020
Le retrait de Haftar de Syrte et d’al-Jofra : condition de Tripoli pour une trêve (Cavusoglu)

Ankara

AA / Ankara

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a souligné que le gouvernement libyen n’acceptera de cessez-le-feu dans le pays qu’en cas de retrait des milices du putschiste Khalifa Haftar de Syrte et d’al-Jofra et d’application de l’accord de Skhirat au Maroc.

C'est ce qui ressort d’une interview accordée par Cavusoglu au journal britannique Financial Times publiée, dimanche, sous le titre « La Turquie dit qu’il n y aura pas de trêve en Libye si Haftar ne se retire pas ».

L’interview a été réalisée au cours de la visite du ministre turc des Affaires étrangères à Londres en date du 8 juillet courant.

« Le gouvernement libyen est déterminé à poursuivre ses opérations [contre les milices de Haftar] tant que Haftar ne se retire pas de la ville littorale de Syrte et de la région d’al-Jofra qui abrite une base aérienne stratégique », a, notamment, lancé Cavusoglu.

Le haut responsable turc a relevé le danger que représentent les affrontements armés qui se sont transformés en guerre par procuration en Libye.

Il a, également, indiqué que l’accroissement des tensions pourrait aboutir à l’enclenchement d’un conflit direct entre les forces étrangères soutenant les différents protagonistes en Libye.

S’agissant du bombardement de la base aérienne d’al-Watiya (ouest), Cavusoglu a affirmé qu’une enquête a été diligentée à ce suet, précisant que les responsables de ce raid seront sanctionnés.

Il a tenu à rappeler la présence d’instructeurs et de techniciens turcs à la base d’al-Watiyya, qui a été libérée des mains des milices de Haftar, le 18 mai dernier, et que le personnel turc sur place n’a pas été atteint au cours du raid menée contre les installations de la base.

Cavusoglu a ajouté que la Russie avait, présenté, le mois dernier, au cours d’une visite d’une délégation officielle à Istanbul, une offre concrète sur une trêve qui comporte une date et une heure précises.

Il a, cependant, relevé que lors des discussions turques avec le gouvernement libyen, ce dernier a imposé un préalable à la trêve, consistant en le retrait de Haftar de Syrte et d’al-Jofra, ce qui est conforme avec la ligne directrice de l’accord de Skhirat conclu en 2015 ».

Et le ministre turc de conclure : « La question est, actuellement, liée à d’autres parties et elles doivent accepter ces conditions préalables pour assurer un cessez-le-feu durable », affirmant que la Turquie « ne favorise aucun accroissement de la tension ou de guerre dans la région, tandis que les autres soutiennent le putschiste Haftar ».

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