Nadia Chahed
05 Décembre 2017•Mise à jour: 05 Décembre 2017
AA/Alger/Karim Kabir
Le président français, Emmanuel Macron, effectue mercredi une visite d'amitié et de travail en Algérie, à l'invitation du Président algérien, Abdelaziz Bouteflika.
Au cours de son court séjour, le président français, dont c’est la deuxième visite après celle effectuée en février alors qu’il était candidat à l’élection présidentielle, devrait rencontrer le président Bouteflika, affaibli par un AVC depuis 2013, dans sa résidence à Zéralda (banlieue Ouest d’Alger).
Au menu figure également un bain de foule au centre-ville, un tête-à-tête avec le Premier Ministre, Ahmed Ouyahia, un dépôt de gerbe de fleurs au monument des martyrs et une rencontre avec la société civile et des représentants de la communauté française en Algérie, selon le programme fourni aux médias.
Un point de presse est aussi prévu à la fin de la visite avant que Macron ne quitte Alger en direction du Qatar.
Comme souvent lorsqu’un président français se déplace en Algérie, une ancienne colonie française (1830-1962), la visite est entourée de « passion », toujours sensible, même si Emmanuel Macron jouit d’une certaine estime après ses déclarations en février dernier qualifiant le « colonialisme de crime contre l’humanité ».
Cette déclaration de Macron saluée en Algérie, l’homme qualifié « d’ami de l’Algérie », en qui Bouteflika voit celui qui « peut réaliser la réconciliation » entre les deux pays, avait fait grincer des dents en France notamment au sein de sa famille politique. Depuis, il tente de rééquilibrer son discours.
« Face à la colonisation, ni déni, ni repentance. On ne peut pas rester piégé dans le passé », a-t-il affirmé la semaine dernière lors de sa tournée en Afrique de l'ouest.
«Cette visite qui s'inscrit dans le cadre du partenariat d'exception que l'Algérie et la France se sont attelées à bâtir et à conforter, sera une occasion pour les deux pays, notamment durant les entretiens entre les deux Chefs d'Etat, d'explorer de nouvelles voies pour renforcer la coopération et le partenariat entre l'Algérie et la France et de procéder à une concertation sur les questions régionales et internationales d'intérêt commun », a indiqué mardi la Présidence algérienne dans un communiqué rendu public.
Selon des sources à L’Elysée citées par l’agence officielle APS, le président français aura à s’exprimer sur la « coopération, les questions régionales et la question mémorielle ».
«L’hôte de l’Algérie veut marquer le soutien à plusieurs projets entre les deux pays avec une vision renouvelée et partagée de la coopération », ont précisé ces sources.
Même si de part et d’autre, on s’efforce à imprimer une nouvelle dynamique à la relation historique et exceptionnelle qui lie les deux pays, il reste que le contentieux mémoriel pèsent toujours.
«La visite que devra effectuer le président français en Algérie est une visite ordinaire, mais ce qui lui confère un caractère particulier ce sont les relations bilatérales et les dossiers de la mémoire en suspens entre les deux pays », a indiqué lundi à la radio algérienne le ministre des moudjahidines, Tayeb Zitouni.
« L'Algérie attend beaucoup de cette visite notamment en ce qui a trait au dossier de la mémoire (…) l'Algérie ne construira pas ses relations futures avec la France sur la base de déclarations mais sur du concret », a-t-il souligné précisant que «les deux pays ont franchi des pas satisfaisants dans différents domaines mais l'essentiel dans ces relations c'est le dossier de la mémoire ».
Parmi les dossiers en suspens : la question des archives, les disparus durant la guerre estimés à 2200 la récupération des cranes des chefs de la résistance algérienne et l'indemnisation des victimes algériennes des essais nucléaires français effectués dans le sud algérien, a rappelé le ministre.
Il reste qu’en raison de la crise économique à laquelle elle est confrontée, l’Algérie souhaite redynamiser les échanges économiques entre les deux pays.
La France reste le premier investisseur hors hydrocarbures et le premier employeur étranger en Algérie, avec 40.000 emplois directs et 100.000 emplois indirects, selon les chiffres de l’ambassade de France à Alger.