Politique

Le Liban disposé à engager des pourparlers pour mettre fin aux tensions diplomatiques avec les États du Golfe

- Le chef de la diplomatie libanaise estime que le différend concernant les déclarations du ministre George Kordahi sur la campagne saoudienne au Yémen a pris des proportions exagérées

Elena Teslova   | 22.11.2021
Le Liban disposé à engager des pourparlers pour mettre fin aux tensions diplomatiques avec les États du Golfe

Moscow City

AA / Moscou / Elena Teslova

Le Liban est prêt à dialoguer avec les États du Golfe Persique pour résoudre la crise diplomatique actuelle, déclenchée par les déclarations du ministre libanais de l'Information sur la campagne militaire de l'Arabie saoudite au Yémen, a déclaré, lundi, le ministre des Affaires étrangères libanais.

S'exprimant lors d'une conférence de presse à Moscou, après une rencontre avec son homologue russe Sergueï Lavrov, Abdallah Bou Habib a déclaré que les liens d'amitié entre le Liban et les pays du Golfe étaient ancrés dans la tradition.

"Le Liban a toujours entretenu des relations chaleureuses avec les pays du Golfe Persique. Aujourd'hui encore, nous entretenons des relations avec Oman et le Qatar, et notre ambassadeur aux EAU poursuit son travail", a-t-il déclaré.

Qualifiant d'"exagérée" la situation découlant des déclarations critiques du ministre de l'Information George Kordahi concernant la campagne militaire saoudienne au Yémen, il a déclaré que la crise actuelle pouvait être résolue par le dialogue.

"Nous pensons que le cas du ministre Kordahi est exagéré et qu'il peut être résolu par des négociations avec les pays du Golfe Persique. Nous en sommes persuadés", a-t-il déclaré.

Les relations entre les pays du Golfe et le Liban se sont crispées à la suite de déclarations faites par George Kordahi concernant le conflit yéménite avant qu'il ne prenne ses fonctions au sein du nouveau gouvernement libanais.

Interrogé lors d'une interview télévisée s'il "pense que les Houthis, comme le Hezbollah, défendent leur terre en tant qu'organisation armée", Kordahi a répondu : "Bien sûr qu'ils se défendent [...]. Mon opinion personnelle est que cette guerre au Yémen doit prendre fin. Des maisons, des bâtiments, des villages et des villes sont attaqués par des avions de chasse."

Irrités par les propos critiques de George Kordahi, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït et Bahreïn ont rappelé leurs ambassadeurs en poste au Liban.

En réponse, le ministre libanais de l'Information a déclaré qu'il était prêt à démissionner "s'il y a des garanties que les pays du Golfe changeront leur position vis-à-vis du Liban."

Le Yémen est en proie à la violence et à l'instabilité depuis 2014, lorsque les rebelles Houthis, alliés de l'Iran, ont pris le contrôle de la majeure partie du pays, y compris la capitale Sanaa. Une coalition menée par l'Arabie saoudite visant à rétablir le gouvernement yéménite a aggravé la situation et provoqué l'une des pires crises humanitaires causées par l'homme au niveau mondial.


*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj

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