AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, a demandé l'asile en France dans une lettre envoyée vendredi au président français François Hollande, une demande aussitôt rejetée par l'Elysée.
Dans sa lettre publiée vendredi par Le Monde, Assange est revenu sur l'appel de la ministre de la Justice française Christiane Taubira invitant le gouvernement de son pays à lui accorder l'asile en France.
"En m’accueillant, la France accomplirait un geste humanitaire mais aussi probablement symbolique, envoyant un encouragement à tous les journalistes et lanceurs d’alerte qui, de par le monde, risquent leur vie au quotidien pour permettre à leurs concitoyens de faire un pas de plus vers la vérité", a affirmé Assange dans son appel au président français.
Le fondateur de WikiLeaks a par ailleurs regretté être confiné à l'ambassadeur d'Equateur à Londres, ne disposant que "cinq mètres carrés et demi" pour ses usages privatifs.
"L’accès à l’air libre, au soleil, m’a été interdit par les autorités du Royaume-Uni (...) je n’ai pu utiliser le balcon du rez-de-chaussée de l’appartement que trois fois depuis mon refuge, à mes risques et périls, et n’ai jamais été autorisé à sortir pour faire de l’exercice", a encore déploré Assange.
Julian Assange a aussi affirmé que sa vie est actuellement en danger, mettant en avant les appels à son exécution, à son kidnapping, et à son emprisonnement pour espionnage par de hauts responsables politiques et administratifs états-uniens, vols d’informations, de documents et de biens.
L'Elysée n'a pourtant pas tardé à répondre à l'appel d'Assange, affirmant ne pas pouvoir donner suite à cette demande.
"La situation de M. Assange ne présente pas de danger immédiat. Il fait en outre l’objet d’un mandat d’arrêt européen", a rappelé le palais présidentiel.
L'appel d'Assange ne survient qu'une semaine après la révélation par WikiLeaks de la mise sur écoute des trois derniers présidents français ainsi que les grandes entreprises du pays par les services de renseigement américains (NSA). Dans ces documents, WikiLeaks avait annoncé que les Etats-Unis avaient installé un dispositif dans leur ambassade à Paris pour intercepter la communicaiton des présidents.