Mariem Njeh
21 Juillet 2026•Mise à jour: 22 Juillet 2026
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, et son homologue français, Jean-Noël Barrot, se sont entretenus par téléphone mardi après-midi, a annoncé le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.
Selon le communiqué, les deux chefs de la diplomatie ont procédé à un échange de vues sur les derniers développements bilatéraux, régionaux et internationaux.
Protestation iranienne visant deux diplomates français
D'après le communiqué de Téhéran, le ministre iranien a protesté, lors de cet entretien, contre des actions qu'il a qualifiées de « non conventionnelles » et « contraires aux normes diplomatiques », imputées à deux diplomates français en poste à Téhéran.
Araghchi a jugé ces comportements inacceptables et a affirmé que le respect des lois du pays d'accueil ainsi que des principes et normes diplomatiques reconnus constitue la condition préalable à la poursuite des activités des représentations étrangères. Il a demandé que soit évitée la répétition de tels agissements et que le gouvernement français prenne les mesures nécessaires, toujours selon la même source.
Mohammad Tanhaei, directeur du deuxième département d'Europe occidentale au ministère iranien des Affaires étrangères, a également qualifié mercredi d'« infondées » et d'« inexactes » les allégations du ministre français concernant l'intimidation du personnel diplomatique.
Se référant au rapport des autorités compétentes, le responsable iranien a affirmé que les deux ressortissants français participaient, dans la soirée de dimanche, à une réunion avec plusieurs suspects recherchés pour des motifs de sécurité. Selon lui, ils ont été brièvement interrogés par les agents de sécurité sur les lieux, où de nombreux documents attestant d'activités portant atteinte à la sécurité auraient été découverts et sont actuellement en cours d'examen.
Rejetant fermement les affirmations de Jean-Noël Barrot concernant des violences physiques., Mohammad Tanhaei a souligné que dès que les forces de l'ordre ont été informées de l'affiliation de ces deux personnes à l'ambassade de France, elles les ont transférées au siège de la police diplomatique. Ils ont ensuite été remis à leur représentation diplomatique après coordination avec le ministère des Affaires étrangères et l'ambassadeur de France à Téhéran.
Le détroit d'Ormuz et les engagements américains
Le communiqué iranien indique également que le ministre a attribué le blocage du détroit d'Ormuz à une violation, par les États-Unis, de leurs engagements pris dans le cadre du mémorandum d'entente d'Islamabad, ainsi qu'à des actions d'escalade menées par ce pays. Araghchi a estimé que la responsabilité des conséquences de cette situation revient à la partie qui, en s'écartant des accords conclus et en poursuivant des approches unilatérales, a mis en péril le processus diplomatique et la stabilité régionale, précise le texte iranien.
Contexte : convocation du chargé d'affaires iranien à Paris
Cet entretien téléphonique intervient après la convocation, mardi, du chargé d'affaires de la République islamique d'Iran en France par le secrétaire général du Quai d'Orsay, à la demande de Jean-Noël Barrot, avait annoncé le ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué distinct.
Cette convocation faisait suite, selon Paris, à une action d'intimidation qualifiée d'« extrêmement grave », survenue dimanche et visant deux agents de l'ambassade de France en Iran.
Le Quai d'Orsay avait fait part au diplomate iranien de la condamnation la plus ferme de la France à l'égard de ce que Paris a qualifié d'agression préméditée et délibérée, décrite comme une violation flagrante du droit international et des conventions de Vienne, conventions auxquelles l'Iran est partie et qui garantissent, selon le ministère français, la sécurité du personnel diplomatique.
La diplomatie française avait également averti que cet incident, jugé « gravissime et inadmissible », ne pourrait rester sans conséquence, un avertissement déjà formulé par Barrot auprès d'Araghchi lundi. Paris avait dit attendre des autorités iraniennes qu'elles fassent la lumière sur cet incident, qu'elles en punissent les auteurs et qu'elles assurent la sécurité de ses emprises et de ses agents, conformément à leurs obligations internationales.
Lundi, sur le réseau social américain X, Jean-Noël Barrot avait indiqué que les deux agents de l'ambassade de France à Téhéran avaient été détenus sans raison pendant plusieurs heures, selon lui, et interrogés dimanche soir, l'un d'eux ayant en outre été « molesté ». Il avait précisé qu'ils avaient depuis regagné l'ambassade, où ils se trouvaient en sécurité.