Politique

France-PEJ : Rassembler les "laissés pour compte" de la politique

Le Parti Egalité et Justice (PEJ) a présenté 52 candidats pour les Législatives de juin prochain.

Mohamed Hedi Abidellaoui   | 29.05.2017
France-PEJ : Rassembler les "laissés pour compte" de la politique

Paris

AA/ Paris/ Fatih Karakaya

  Crée en 2015, sous l'impulsion de plusieurs jeunes d'origine immigrée, le "Parti Egalité et Justice" (PEJ) continue d'attirer les attentions depuis qu'il a annoncé 52 candidats aux Législatives de juin prochain, en France.

Depuis quelques semaines, les dirigeants de ce jeune parti sillonnent le pays pour présenter leurs candidats à la population et à la presse. Faute de moyens, le «Live» sur Facebook est devenu leur meilleur outil de communication.

Ainsi, l'équipe de campagne enchaîne les directs sur les réseaux sociaux afin d'atteindre un maximum de personnes. «Notre parti est très jeune. Nous n'avons pas accès au financement public, alors nous faisons avec ce que nous avons», indique Gurhan Ay, cadre du parti.

Il explique que les candidats se sont engagés à financer leur campagne eux-mêmes. «Nous apportons un soutien plutôt technique. Nous préparons les affiches et les bulletins de vote. Mais les impressions et les dépenses sont à la charge du candidat. Nous ne prêtons pas non plus des fonds comme le font d'autres partis», fait-il remarquer.


    - Un parti qui veut faire bouger les choses


 Réagissant au Parti Communiste (PCF), qui associe le PEJ à une «officine officieuse de l’AKP en France», Ay répond : «Nous avons rappelé, à plusieurs reprises, que nous étions un parti français, nous avons voulu avoir notre place parmi les partis traditionnels pour faire bouger les choses. Or, ils ont choisi de nous caser comme étant des mannequins de vitrine pour attirer les immigrés. Ils n'ont jamais supporté nous voir grimper l'échelle grâce à nos compétences», regrette le jeune cadre du parti.

   Pour lui, les partis qui les accusent de "suivisme"  tentent de faire oublier leurs échecs et leurs faibles scores. «Ils nous trouvent de sérieux concurrents», fait-il observer. Ay, tient par ailleurs à rappeler que le PCF n'a jamais hésité à s'ingérer dans les affaires de la Turquie. Il souligne que ce parti «soutien ouvertement le PKK, un groupe reconnu comme terroriste par la France et l'Union européenne et en lien direct avec le HDP (un parti considéré proche du PKK).

   Le PCF continue sur sa lancée en diffamant le PEJ sans pour autant apporter la moindre preuve, selon le cadre du PEJ. Or, les médias relayent ces déclarations sans jamais prendre la peine de vérifier ou d’avoir le scrupule de recueillir un autre son de cloche.

Côté financement, Ay souligne que la plupart des actions sont menées par les militants du parti. D’ailleurs, les 10 candidats aux élections cantonales de 2015 ont dépensé au total 10 000 euros alors que les autres candidats seraient à plus de 20 000 euros par prétendant.

Gurhan Ay se désole aussi du fait que le volet religieux du programme de leur parti intéresse plus que le reste. "Nous ne sommes pas un parti religieux. Nous avons beaucoup de membres musulmans. Ils ont des préoccupations comme tous les citoyens. Ils craignent pour l'avenir de leurs enfants, pour leurs emplois", a-t-il expliqué.

"En plus de ces préoccupations, ils ont d’autres revendications. Comme tous les parents, ils veulent pouvoir envoyer leurs enfants à la cantine et qu'ils puissent manger dignement", dit-il.

Plusieurs sites affirment que le PEJ « réclame un moratoire sur la laïcité ». Or, « c'est absurde » ce qu’ils, essaient de faire croire, dénonce-t-il. « Nous ne réclamons pas un moratoire sur la laïcité en général, mais tout ce qui a dénaturé la loi de 1905. Pour nous, forcer un enfant à manger du porc est contraire à l'esprit de ladite loi», affirme Ay.

Plaidant pour le vivre-ensemble dans le respect mutuel, il souligne, dans la même perspective, que les débats et les polémiques sur l'identité française et l'Islam radical prêtent à confusion et sont souvent mal compris. 

- Des candidats de divers horizons


  Candidat dans la 1ére circonscription de Strasbourg (Est), Saber Hajem a décidé de franchir le pas « pour reprendre la parole et défendre les valeurs de la République ». Pour lui, le plus grand souci consiste à « rééquilibrer la balance sociale» pour rendre justice aux personnes marginalisées.

Le PEJ est, selon lui, « un parti du peuple pour le peuple ». C'est pourquoi il a choisi de candidater au nom de ce parti, « le seul à en finir avec cet état de méfiance continuelle envers une partie de la population».

Balayant d'un revers de main les allégations prétendant que le PEJ est un parti turc, il affirme : «Ce sont des détracteurs qui essayent de nous diviser car la ligne politique du PEJ est de rassembler et non de diviser. Ce parti a ouvert les portes à tout le monde. Et cela se voit avec tous les candidats investis partout en France », explique-t-il.

Muslimé Sunar, jeune fonctionnaire de police est candidate dans le Yonne (Nord). Elle explique son engagement au sein du PEJ : « La politique fait partie intégrante de notre vie. Nous faisons tous les jours de la politique. Je m'intéresse au bien-être collectif ».

Pour elle, cette candidature lui permet de s'exprimer sur des sujets dont elle n'avait pas la possibilité de parler auparavant. 


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