Lassaad Ben Ahmed
10 Décembre 2018•Mise à jour: 10 Décembre 2018
AA / France / Fawzia Azzouz
Le président français Emmanuel Macron a reçu lundi matin de nombreux syndicalistes, élus, et autres partenaires sociaux pour recueillir leurs demandes et idées pour espérer mettre fin à la gronde populaire initiée par le mouvement des gilets jaunes.
Au terme d’une réunion qui a duré plus de 4 heures, les personnalités conviées se sont exprimées en direct sur les chaînes télévisées françaises pour donner leurs impressions et expliquer leurs doléances.
« Emmanuel Macron nous a écoutés, nous verrons si nous avons été entendus », a déclaré Yves Veyrier du syndicat Force ouvrière (FO).
Même son de cloche du côté du centriste Hervé Morin qui a expliqué : « Le président n’a rien annoncé, il nous a simplement écoutés ».
Le président du Medef (patronat), Geoffroy Roux de Bezieux, a fait savoir à sa sortie de l’Elysée qu’« on a demandé des mesures d’urgence qui vont au-delà des mesures de trésorerie ».
« Il y a eu un consensus sur le constat d’une France humiliée, incomprise » a pour sa part tranché Christiane Lambert de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA).
Le représentant de la Confédération française démocratique du travail (CFDT), Laurent Berger, a rappelé : « nous vivons une crise grave, il faut une réponse à court terme ».
Cette consultation inédite intervient en amont d’une intervention très attendue du président français pour répondre aux exigences du mouvement des gilets jaunes déclenché mi-novembre dernier.
Le chef de l’Etat s’exprimera, en effet, à 20h depuis l’Elysée pour tenter d’éteindre la gronde populaire qui frappe le pays.
S’il était très attendu sur le sujet de la revalorisation du salaire minimum ou celui des retraites, il semblerait que ces postes ne soient pas à l’ordre du jour.
La ministre du travail Muriel Pénicaud a déclaré à l’antenne de LCI qu’il « n’y aura pas de coup de pouce sur le smic car ça détruit des emplois ».
C’est ensuite le ministre de l’Economie Bruno Le Maire qui est venu anéantir les espoirs des retraités, lundi matin, en affirmant au micro de la radio RTL que le gouvernement ne reviendra pas sur la hausse de la Contribution sociale généralisée (CSG) sur les retraites.
« Notre priorité absolue, c'est que tous ceux qui travaillent gagnent dignement leur vie. Cela a du sens. Le but est de mieux rémunérer les gens qui travaillent », a soutenu le ministre d’Etat.
Tout l’enjeu pour Emmanuel Macron est, ainsi, de concilier les engagements internationaux en matière d’écologie et de protection de la planète, avec les revendications du peuple concernant la fin du matraquage fiscal.