Politique

France : le CCIF saisit le Conseil d’Etat contre sa dissolution politique

-Le Collectif Contre l’Islamophobie en France a également déposé plainte contre Darmanin

Feiza Ben Mohamed   | 04.12.2020
France : le CCIF saisit le Conseil d’Etat contre sa dissolution politique Photo d'archives

France

A/Nice/Feïza Ben Mohamed

Le CCIF (Collectif Contre l’Islamophobie en France) saisit le Conseil d’Etat pour contester sa dissolution politique orchestrée par le gouvernement pour des motifs troubles, a annoncé vendredi son avocat Maître Sefen Guezguez dans un communiqué de presse.

« Suite à l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine, une pression médiatique et politique s’est exercée » sur le CCIF alors même que l’association « n’a pas le moindre rapport avec le harcèlement subi par le professeur Samuel Paty », rappelle l’avocat.

Il estime que « ce moment tragique » a été « instrumentalisé » par des « sympathisants de la droite extrême afin d’en découdre » avec ceux « qui luttent contre la haine et les discriminations qui visent les personnes de confession musulmane en France ».

Maître Guezguez fustige notamment la « mise en danger des équipes, désignées par Gérald Darmanin comme ennemies de la République ».

Une plainte a notamment été déposée à l’encontre du ministre de l’Intérieur pour avoir accusé l’ONG d’être « manifestement impliquée » dans l’attentat contre Samuel Paty « désignant par là un bouc-émissaire » et exposant ses membres « aux représailles et aux menaces de mort ».

Face à ce torrent de postures outrancières, le CCIF avait annoncé son départ à l’étranger et son auto-dissolution sur le sol français, pour protéger son action en matière de lutte contre l’islamophobie.

Le gouvernement, a malgré tout prononcé sa dissolution le 1er décembre en Conseil des ministres visant le CCIF, non plus comme association mais « groupement de fait ».

Selon Sefen Guezguez, cette décision des autorités prouve qu’il s’agit d’une mesure « politique » qui trouve sa source dans « la volonté de Gérald Darmanin de faire passer un message à toute personne physique ou morale qui contesterait ses pratiques et son action ».

« À travers le traitement arbitraire du CCIF, ce sont tous les défenseurs des droits humains qui sont visés et si nous ne sommes pas nombreux à le dénoncer, demain, toute organisation ou personne, pourra se voir mise en cause de la même façon avec pour seul tort d’avoir mis en évidence une forme de racisme et de violation des droits en France » poursuit le communiqué.

C’est précisément pour démontrer les dérives du pouvoir que le CCIF a décidé d’aller devant le Conseil d’Etat pour « montrer que l’objet principal de cette dissolution est de criminaliser la lutte pour les droits et les libertés en France ».

Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.
A Lire Aussi
Bu haberi paylaşın