Politique, Afrique

Endeuillés, les journalistes burundais "fêtent" la liberté de la presse

Plusieurs mesures ont été prises par les autorités burundaises contre des médias indépendants burundais.

04.05.2015
Endeuillés, les journalistes burundais "fêtent" la liberté de la presse

AA/ Bujumbura/ Rénovat Ndabashinze

En habits de deuil, une centaine de journalistes burundais a célébré, dimanche, la journée internationale de la liberté de la presse, dans un contexte marqué par des mesures prises par le pouvoir de Nkurunziza contre des médias indépendants.

« Au Burundi, cette journée intervient au moment où la presse burundaise est malmenée, bafouée dans ses droits et interdite dans notre pays. C’est vraiment regrettable inimaginable, impensable vu le pas que le Burundi avait déjà franchi en matière de la liberté d’opinion et de liberté de la presse », a déclaré Alexandre Niyungeko, président de l’Union Burundaise des Journalistes (UBJ), en rappelant que le Burundi a perdu trois places par rapport à l'année dernière, dans le classement mondial publié, dimanche, par l'Organisation Non Gouvernementale Reporters Sans Frontières, venant 145ème sur 180 pays recensés.

Habillés en noir avec des bandeaux sur la bouche, près de 100 journalistes se sont réunis dans les locaux d'un journal privé, observant, ainsi, une trêve annoncée par la société civile burundaise, vendredi dernier.

Le mouvement Halte "au 3ème mandat" avait suspendu pendant deux jours les manifestations contre une troisième candidature "inconstitutionnelle" du Président sortant Pierre NKurunziza pour « inhumer les morts et rendre visite à ceux qui ont été emprisonnés durant les six journées de manifestations » avait déclaré à Anadolu Pacifique Nininahazwe, un des organisateurs de la campagne.

Depuis le déclenchement des manifestations, dimanche dernier, les autorités ont procédé à nombre de mesures à l'encontre des journalistes, dont la fermeture de la principale radio indépendante du pays, la Radio publique africaine (RPA). Les lignes téléphoniques de médias indépendants ont été coupées, la Maison de la presse (siège du syndicat de la presse) fermée, alors que d'autres radios privées ne sont habilitées à émettre, désormais, qu'à Bujumbura.

Niyungeko cite, en outre, "des menaces, des attaques, des harcèlements et intimidations" dont plusieurs journalistes auraient été victimes depuis une semaine. Aucune réaction à ces accusations n'a pu être recueillie auprès des autorités burundaises jusqu'à 20H15 GMT.

«La solidarité professionnelle nous a toujours caractérisés dans les moments difficiles que nous avons traversés. Nous devons la renforcer », a ajouté Niyungeko.

La journée internationale de la presse a également été sous le signe de la tension dans d'autres pays d'Afrique, comme au Cameroun, où trois quotidiens sont sur la sellette de l'organisme étatique du Conseil National de la Communication pour avoir repris l’article d'un journal français sur la santé du Chef d’Etat camerounais, Paul Biya.

Au Burkina Faso, les journalistes ont lancé un appel aux nouvelles autorités de la transition à faire toute la lumière sur l’assassinat du journaliste d’investigation Norbert Zongo en 1998 dans des circonstances encore non élucidées.

Norbert Zongo a été tué alors qu’il enquêtait sur le meurtre sous la torture de David Ouédraogo, chauffeur de François Compaoré, frère cadet de l’ex­-président Blaise Compaoré. Son corps calciné fut retrouvé avec les dépouilles de trois de ses camarades à une centaine de kilomètres de Ouagadougou.

 

Avec la contribution de Peter Klum et Lougri Dimtalba

 
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