Kilani Mahmoud
21 Juillet 2017•Mise à jour: 22 Juillet 2017
AA / Rome / Mahmoud Kilani
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Joubeir, a déclaré, vendredi, qu’il n’y a pas moyen de négocier avec le Qatar concernant la crise du Golfe.
Cette déclaration a été faite lors d’une conférence de presse tenue, à Rome, à l’issue d’une rencontre entre al-Joubeir et son homologue italien, Angelino Alfano.
«Il n’y a pas moyen de négocier avec le Qatar, parce qu’il ne s’agit pas de négocier, mais de la question [suivante] : Y a-t-il oui ou non un soutien au terrorisme ?», a-t-il notamment dit.
Et de poursuivre : «L’Arabie Saoudite, l’Egypte, Bahreïn et les Emirats ont des conditions claires. Des conditions dont ils ont souligné la nécessité de respecter et qui consistent à cesser de soutenir et de financer le terrorisme, à ne pas offrir refuge aux terroristes et à rompre avec les discours haineux».
Le chef de la diplomatie saoudienne a précisé que huit des conditions formulées, le 13 juin dernier, pour rétablir les relations avec le Qatar ont été acceptées par Doha en 2014, mais non jamais été appliquées.
«La solution est, ainsi, simple. Le Qatar doit respecter nos principes et les appliquer», a indiqué le ministre saoudien.
Al-Joubeir a tenu, par ailleurs, à préciser que la décision de rompre la relation avec Doha était «douloureuse» et n’a pas pour objectif de «porter préjudice» à celui-ci, espérant que «la sagesse prend le dessus et que nos frères [les Qataris] agissent comme il se doit pour placer la région sur une meilleure voie».
Abordant les relations avec l’Iran, al-Joubeir a accusé Téhéran de s’ingérer dans les affaires intérieures des autres pays, d’alimenter les tensions confessionnelles et de soutenir le terrorisme.
«L’Iran implante les cellules [terroristes] dans d’autres pays de la région. Il envoie ses Gardiens de la révolution [islamique] en Syrie, en Irak et au Yémen. Il introduit également des armes et des explosifs au Koweït, à Bahreïn pour déstabiliser la région», a-t-il développé.
Prenant la parole, Alfano a affirmé que les relations entre Rome et Riyad peuvent être développées davantage, qualifiant sa réunion avec al-Joubeir de «très positive».
«L’Arabie Saoudite est un important partenaire économique de l’Italie. Le volume des échanges commerciaux entre les deux pays s’élevait en 2016 à environ six milliards d’euros. Plusieurs sociétés italiennes ont une forte présence sur le marché saoudien, notamment dans les secteurs de l’énergie et de l’infrastructure», a-t-il relevé, indiquant que son gouvernement est déterminé à «donner un nouvel élan à ces relations et qu’il ambitionne de renforcer la coopération dans tous les secteurs».
L'Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l'Egypte, ont rompu, le 5 Juin dernier, leurs relations avec le Qatar, déclarant que Doha "soutient le terrorisme".
Pour sa part, Doha a rejeté ces accusations, en affirmant faire face à une campagne de calomnies visant à lui imposer une tutelle.
Pour reprendre le dialogue avec le Qatar, les 4 pays ont mis en avant une liste de 13 demandes auxquelles devait se plier Doha, dont la fermeture de la base militaire turque, la rupture des relations avec l’Iran et la fermeture d’Al-Jazeera.
Face au refus catégorique de Doha, les quatre pays concernés se sont réunis au Caire et ont décidé de poursuivre le blocus économique et politique contre le Qatar.