Serap Dogansoy
22 Juillet 2026•Mise à jour: 22 Juillet 2026
L’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) a recommandé mercredi aux compagnies aériennes de ne plus emprunter l’espace aérien jordanien, après une multiplication des tirs de missiles et de drones iraniens visant le royaume.
L’avis concerne l’ensemble de la région d’information de vol d’Amman, à toutes les altitudes, et reste valable jusqu’au 31 août, sauf révision anticipée.
L’agence invoque la détérioration rapide de la situation depuis la mi-juillet. Les tirs, l’activation des défenses antiaériennes et l’utilisation d’avions de combat accroissent les risques de mauvaise identification d’un appareil civil, d’interception et de chute de débris.
Cette recommandation ne constitue pas une fermeture officielle du ciel jordanien. Amman n’a imposé aucune interdiction générale et la décision de modifier les itinéraires reste du ressort des compagnies.
Six missiles et quatre drones mercredi
L’armée jordanienne a annoncé mercredi avoir détecté six missiles lancés depuis l’Iran vers le royaume. Quatre ont été interceptés, tandis que les deux autres sont tombés dans des zones inhabitées, sans faire de victime ni de dégât.
L’armée de l’air a également abattu quatre drones iraniens visant le territoire jordanien. Les Gardiens de la révolution iraniens ont affirmé avoir ciblé les bases aériennes Prince Hassan et Roi-Fayçal, présentées comme utilisées par les forces américaines.
Ils ont revendiqué la destruction de huit drones MQ-9, des dégâts sur deux autres appareils et sur deux hélicoptères lourds américains, ainsi que des morts et des blessés parmi le personnel militaire. Aucun bilan précis n’a été fourni et Washington n’avait pas réagi dans l’immédiat à ces affirmations.
Des échanges de tirs persistants
Téhéran a présenté l’opération comme une riposte à une frappe américaine contre une école de Minab, dans le sud de l’Iran. Selon l’agence iranienne Mehr, les funérailles de 32 filles ont été organisées mercredi, parmi les 168 enfants qui auraient été tués dans cette attaque le 28 février.
Les États-Unis mènent depuis la semaine dernière de nouvelles frappes en Iran, tandis que Téhéran dit viser des installations utilisées par l’armée américaine dans plusieurs pays de la région.
Ces échanges se poursuivent malgré un accord-cadre négocié par le Pakistan et signé en juin par Washington et Téhéran afin de mettre fin au conflit déclenché en février et d’ouvrir la voie à un accord de paix.