AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a réaffirmé ce mardi à l’Assemblée nationale l’attachement de la France à la souveraineté du Liban et au respect du droit international, en appelant au désarmement du Hezbollah, lors d’une séance marquée par de vives critiques de l’opposition sur la situation au Moyen-Orient.
Répondant à la députée Claire Lejeune (LFI-NFP), qui a dénoncé une « guerre impériale, illégale » et évoqué un « génocide en Palestine », le chef de la diplomatie française a estimé que certains éléments de l’analyse étaient recevables, tout en rejetant des « raccourcis » qu’il juge « problématiques ».
Jean-Noël Barrot a décrit un conflit aux responsabilités multiples, affirmant que les attaques menées « à l’écart du droit international » avaient suscité des représailles iraniennes « indiscriminées », visant des pays « qui n’avaient rien demandé ». Il a également mis en cause le Hezbollah, mouvement politico-militaire chiite libanais soutenu par l’Iran, accusé d’avoir contribué à entraîner le Liban dans le conflit.
Selon le ministre, « le Liban n’avait aucune intention de se laisser entraîner dans cette guerre », mais se retrouve exposé en raison de l’action du Hezbollah, qui « vient rejoindre les attaques de l’Iran contre Israël » et place le pays « en situation de grande vulnérabilité » .
Jean-Noël Barrot a par ailleurs insisté sur les principes fixés par les Nations unies, organisation internationale chargée notamment du maintien de la paix et de la sécurité internationales. Il a rappelé que ceux-ci reposent sur deux axes : d’une part, le respect de l’intégrité territoriale , c’est-à-dire l’inviolabilité des frontières, et de la souveraineté du Liban ; d’autre part, le désarmement des milices.
Le ministre a ainsi appelé le Hezbollah à « cesser ses frappes » et à « rendre ses armes à l’État libanais », soulignant que seul ce dernier doit détenir le monopole de la force légitime, condition nécessaire selon lui pour garantir la sécurité de l’ensemble des communautés du pays et assurer une coexistence pacifique avec ses voisins.
En amont, la députée Claire Lejeune avait vivement critiqué la position du gouvernement, dénonçant notamment l’absence de condamnation qu’elle juge suffisante des opérations militaires israéliennes au Liban et en Palestine, ainsi que l’orientation de la diplomatie française.
La séquence s’inscrit dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient, où les affrontements impliquant Israël, l’Iran et leurs alliés respectifs font peser un risque d’extension du conflit à l’échelle régionale.
Selon les autorités libanaises, au moins 1 039 personnes ont été tuées et 2 876 autres blessées dans les attaques israéliennes depuis cette date.
L’actuelle escalade intervient dans le contexte d’une offensive conjointe américano-israélienne contre l’Iran, qui a fait plus de 1 340 morts depuis le 28 février. Téhéran a riposté par des frappes de drones et de missiles visant Israël, ainsi que la Jordanie, l’Irak et des pays du Golfe, affirmant qu’elles ciblaient des « actifs militaires américains ».