Monde

Washington menace d'imposer des sanctions aux responsables du conflit au Tigré éthiopien

-L’administration américaine va accorder aux parties au conflit l’opportunité de prendre des « mesures concrètes » pour parvenir à un cessez-le-feu avant d'imposer des sanctions, selon des responsables américains.

Raşa Evrensel   | 17.09.2021
Washington menace d'imposer des sanctions aux responsables du conflit au Tigré éthiopien

Washington

AA/Washington

Des responsables américains ont fait savoir que « la Maison Blanche a menacé d'imposer des sanctions au Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, et à d'autres dirigeants impliqués dans le conflit du Tigré, province située au nord de l’Éthiopie.

Les responsables, qui se sont adressés sous couvert d’anonymat aux journalistes lors d'une conférence téléphonique, ont ajouté, jeudi, que « le Président américain Joe Biden approuvera un ordre exécutif (décret présidentiel) qui permet aux Départements d'État et du Trésor d'imposer des sanctions à toutes les parties au conflit du Tigré », selon l’Agence américaine Associated Press (AP).

Ils ont souligné que « pour le moment Biden ne signera aucun décret en ce sens, pour permettre aux parties au conflit de prendre des mesures concrètes pour un cessez-le-feu avant d'imposer des sanctions ».

L’un des responsables a déclaré que l’ordre exécutif vise à faire pression sur le gouvernement éthiopien et le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) « pour qu'ils se mettent à la table des négociations », tout en accordant un délai supplémentaire à l'Érythrée pour qu'elle retire ses troupes déployées en soutien aux forces éthiopiennes.

« Tant que les protagonistes ne prennent pas des mesures concrètes pour résoudre la crise, l'administration (américaine) est prête à prendre des mesures strictes, dans le cadre de ce nouveau décret présidentiel, pour imposer des sanctions à un groupe de plusieurs individus ou entités », a-t-il ajouté.

Et le responsable en question de préciser, « Si les parties au conflit prennent des mesures pour entamer des pourparlers dans le but de parvenir à un cessez-le-feu et permettre un accès humanitaire sans entrave, Washington est prêt à mobiliser des aides pour soutenir la relance économique de l'Éthiopie ».

« Bien qu'il n'y ait pas de calendrier précis pour les mesures que les parties au conflit doivent prendre, l'administration américaine souhaite que cela puisse se concrétiser au bout de quelques semaines, et non dans les mois à venir », a indiqué la même source.

Le 23 août, les États-Unis ont imposé des sanctions au général Filipos Woldeyohannes, chef d'état-major des forces armées érythréennes, pour son rôle dans les graves violations des droits humains commises durant le conflit actuel au Tigré.

Woldeyohannes, est visé pour son rôle de « dirigeant d'une entité accusée de graves violations des droits humains commises durant le conflit au Tigré, notamment d’avoir perpétré des massacres, pillages et agressions sexuelles », avait indiqué le Trésor américain dans un communiqué.

En juin dernier, Addis-Abeba a annoncé de son côté un cessez-le-feu dans le Tigré, mais elle a annulé cette décision le 10 août et a décidé d'affronter le « Front de libération du peuple du Tigré », qui a récemment repris le contrôle de la plupart des parties de la province, avec l’aide des mouvements rebelles dans d'autres régions.

Depuis le début de la guerre au Tigré, en novembre 2020, entre les forces gouvernementales et les insurgés du TPLF, - classés par les autorités éthiopiennes comme « terroristes » -, des milliers de personnes ont été tuées, et environ 300 000 autres ont été déplacées hors du Tigré, avec l'extension du conflit.


*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail


Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.
A Lire Aussi
Bu haberi paylaşın