Burc Eruygur
23 Juillet 2026•Mise à jour: 23 Juillet 2026
Le Kremlin a rejeté, jeudi, toute idée d’une « accélération » du processus de paix concernant la guerre entre la Russie et l’Ukraine, malgré les contacts en cours entre Moscou et Washington.
S’exprimant devant la presse, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré que, sans faire preuve d’un « optimisme excessif », des contacts entre la Russie et les États-Unis en vue d’un règlement du conflit ukrainien sont bien en train de s’établir.
« C’est toujours une évolution positive, mais il n’y a aucune raison de parler, à ce stade, d’un nouvel élan ou d’une accélération du processus », a-t-il affirmé.
Peskov a indiqué que Moscou poursuivait son dialogue avec Washington par l’intermédiaire des canaux de travail existants, ajoutant que la Russie espère reprendre les échanges en présentiel avec la partie américaine lorsque les négociateurs américains seront « davantage disponibles ».
Il a réaffirmé que la Russie restait ouverte à des négociations sur un règlement du conflit en Ukraine, tout en affirmant que Kiev était « de plus en plus encouragée par les capitales européennes à poursuivre la guerre ».
« Nous poursuivons également notre "opération militaire spéciale", au cours de laquelle nous observons une dynamique positive », a ajouté Peskov.
Ces déclarations interviennent après une rencontre entre le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, à Manille, capitale des Philippines, en marge du sommet de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN).
Il s’agissait de la première rencontre officielle entre Lavrov et Rubio depuis leur entretien en marge de la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, en septembre dernier.
Leur contact le plus récent remontait toutefois à un entretien téléphonique organisé en mai.
Sous la médiation des États-Unis, la Russie et l’Ukraine ont tenu trois cycles de négociations de paix en janvier et février afin de parvenir à un règlement du conflit armé, qui est désormais entré dans sa cinquième année.
Les discussions sont depuis suspendues, Moscou et Kiev attribuant cette interruption à l’attention portée par les États-Unis à l’Iran ainsi qu’au conflit au Moyen-Orient, déclenché le 28 février.
Non-prolifération
Peskov a également évoqué la question de la non-prolifération, affirmant que la position de la Russie sur ce sujet est « bien connue ».
« Cela concerne les armes nucléaires. Chacun connaît également notre position sur le droit de chaque État à développer un programme nucléaire à des fins pacifiques. L’Iran doit bénéficier de ce droit, tout comme l’Arabie saoudite et les autres États », a-t-il déclaré.
Ces propos interviennent après l’annonce, mercredi, par le département américain de l’Énergie, de la signature entre les États-Unis et l’Arabie saoudite d’un accord de coopération nucléaire, communément appelé « Accord 123 », ainsi que d’un accord bilatéral sur les garanties.
Selon un communiqué, ces accords établissent le cadre juridique d’un « partenariat de plusieurs décennies, représentant plusieurs milliards de dollars », destiné à renforcer les relations commerciales, la coopération énergétique et les objectifs de non-prolifération nucléaire.
* Traduit de l'anglais par Adama Bamba