AA / Washington / Hakan Copur
Le secrétaire général de l'OTAN Mark Rutte a demandé au président américain Donald Trump de faire preuve de « compréhension » concernant les réticences des pays alliés à soutenir la réouverture du détroit d'Ormuz.
Invité de l'émission « Face the Nation » diffusée sur CBS News, Rutte a commenté le désaccord entre Trump et l'OTAN sur la question iranienne.
Soulignant qu'il était « compréhensible » que les alliés de l'OTAN hésitent à apporter un soutien militaire pour l'ouverture du détroit d'Ormuz, Rutte a néanmoins précisé que ces pays commençaient progressivement à se mobiliser autour de la question du détroit.
« Je comprends la frustration du président Trump quant au fait que cela prenne un peu de temps, mais je demande néanmoins un peu de compréhension, car les pays doivent s'y préparer. Ils n'étaient pas informés de la première frappe contre l'Iran et il y avait des raisons valables à cela, mais ils se mobilisent maintenant pour pouvoir assurer la sécurité du détroit d'Ormuz », a-t-il déclaré.
Les dirigeants de France, d'Allemagne, d'Italie, du Japon, des Pays-Bas et du Royaume-Uni avaient publié le 19 mars une déclaration commune condamnant les récentes frappes de l'Iran contre les pays du Golfe et la fermeture du détroit d'Ormuz par Téhéran.
Dans cette lettre commune, les dirigeants avaient indiqué : « Nous exprimons notre disposition à contribuer aux efforts appropriés pour assurer la liberté de passage dans le détroit. Nous nous félicitons de l'engagement des pays qui procèdent à une planification préparatoire. »
Le président américain Trump a poursuivi ses critiques à l'égard de l'OTAN et, dans une publication datée du 20 mars, a déclaré : « Sans les États-Unis, l'OTAN est un tigre de papier. »
Israël et les États-Unis ont lancé une attaque militaire contre l'Iran le 28 février, alors que des négociations étaient en cours entre Téhéran et Washington.
L'Iran a riposté en frappant des cibles en Israël ainsi que dans plusieurs pays de la région abritant des bases américaines.
L’ancien guide suprême iranien, Ali Khamenei, ainsi que de nombreux hauts responsables ont été tués lors des frappes américano-israéliennes.
Le général de brigade Ebrahim Jabbari, conseiller du commandant en chef des Gardiens de la révolution iraniens, a déclaré tard le 2 mars que les navires ne seraient pas autorisés à transiter par le détroit d'Ormuz, avertissant que tout navire tentant de le traverser serait pris pour cible.
Cette déclaration, qui concerne un détroit par lequel transite environ un quart du commerce pétrolier mondial, a ravivé les craintes sur l'approvisionnement énergétique mondial et provoqué de vives turbulences sur les marchés.
* Traduit du turc par Mariem Njeh