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ONG internationale : Près de 200 millions d'enfants vivent dans des zones de guerre, un record depuis dix ans

- Quelque 337 millions d'enfants risquent d'être recrutés par des groupes armés ou des forces gouvernementales, selon l'ONG Save the Children

Rabia İclal Turan   | 30.11.2021
ONG internationale : Près de 200 millions d'enfants vivent dans des zones de guerre, un record depuis dix ans

Ankara

AA / Ankara / Rabia Iclal Turan

Près de 200 millions d'enfants vivent actuellement dans les zones de guerre les plus meurtrières du monde, le chiffre le plus élevé depuis plus de dix ans, selon les données compilées par une ONG internationale.

Le nombre d'enfants vivant dans des zones de conflit, dans 13 pays, a bondi de près de 20% en 2020, par rapport aux 162 millions de 2019, ce qui en fait le deuxième chiffre le plus élevé jamais enregistré depuis les 208 millions d’enfants recensés en 2008, peut-on lire dans un rapport publié, mardi, par l'ONG Save the Children International.

"Ce pic est en partie dû à la flambées de violence au Mozambique, ainsi que par des conflits en cours en Afghanistan, en RD Congo, au Nigeria et au Yémen, qui font déjà face aux pires impacts du changement climatique et à des crises alimentaires potentiellement mortelles", peut-on lire dans le rapport.

"La forte augmentation en 2020 montre qu'une pandémie à l'échelle planétaire et l'appel des Nations unies à un cessez-le-feu mondial n'ont pas suffi à mettre un terme à ces guerres", déplore Save the Children International.

Le rapport révèle également que 337 millions d'enfants vivent dans des zones où des groupes armés et des forces gouvernementales recrutent des enfants, soit trois fois plus qu'il y a trois décennies.

Et d’expliquer : "Le nombre de pays où les enfants sont recrutés - et où vivent plus de la moitié des enfants du monde (près de 1,3 milliard) - a également bondi à 39, son plus haut niveau depuis 30 ans".

L'Afghanistan, la Syrie, le Yémen, les Philippines et l'Irak présentent le pourcentage le plus élevé d'enfants vivant dans un environnement où un groupe ou une force armée recrutent des enfants, ajoute le rapport.

Les filles représentaient 15% des cas de recrutement signalés par l'ONU en 2020, souvent forcées de "servir d'espionnes, de poser des mines et des engins explosifs artisanaux, ou de faire office de kamikazes parce qu'elles sont moins susceptibles d'attirer l'attention".

"Leur vulnérabilité, le fait qu'elles soient considérées comme de condition inférieure, de même que leur genre les rendent également susceptibles d'être victimes d'abus répétés", indique le rapport.

Inger Ashing, directrice de Save the Children International, a déclaré qu'il était "tout simplement horrifiant" de voir que "plus d'enfants que jamais sont pris dans la tourmente des zones de guerre les plus meurtrières."

"Même une pandémie mondiale n'a pas suffi à mettre fin aux guerres et aux atrocités les plus brutales", a-t-elle déclaré.

Et la directrice de Save the Children International de conclure : "Des millions d'enfants n'ont connu que la guerre, avec des conséquences effroyables sur leur santé mentale, leur scolarité ou leur accès à des services vitaux. C'est une honte pour la communauté internationale et cela ne peut plus durer."


*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj

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