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15 Mai 2024•Mise à jour: 15 Mai 2024
AA / Tunis / Salim Boussaïd
Deux personnes ont été tuées, mardi soir à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, territoire français d'Outre-mer, lors de la deuxième nuit d'émeutes contestant un projet de réforme constitutionnelle portant dégel du corps électoral, ont rapporté des médias français mercredi.
L'information a été relayée, entre autres, par BFMTV, mercredi matin, citant le Haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonei, Louis Le Franc. Un premier bilan annonçait le décès d'une personne par balle, avant d'être actualisé par la chaîne d'information en continu.
Dans une déclaration à la presse française, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a également annoncé plusieurs centaines de blessés, dont une centaine de policiers.
La situation, suscitant plusieurs réactions, a été qualifiée "d'insurrectionnelle".
"C'est une nouvelle journée de violence et d'incendies qui s'est déroulée à Nouméa. Ce mercredi, une épaisse fumée recouvre Nouméa et le Grand Nouméa, de nombreux magasins ont brûlé la nuit dernière. Les rues sont désertes et certaines routes barrées par des voitures incendiées", a ainsi décrit la situation "NC 1ère", relevant de "francetvinfo".
Ces événements interviennent, au même moment que la discussion à l'Assemblée nationale à Paris d'un projet de réforme constitutionnelle portant dégel du corps électoral de l'archipel calédonien et son élargissement aux Français qui ne sont pas originaires de la Nouvelle-Calédonie.
Ce projet est fortement contesté par les autochtones Kanaks qui représentent près de 40% de la population et qui redoutent une perte de poids électoral par le biais de cette réforme.
Le projet a été discuté pendant deux jours, puis adopté par l'Assemblée nationale française, tard dans la nuit de mardi à mercredi, avec un score de 351 voix "pour" et 153 "contre".
Ledit projet qui avait été déjà adopté par le Sénat, le 2 avril, avec 233 voix pour et 99 contre, doit être validé par les deux chambres du Parlement réunis en Congrès.
Toutefois, le président Macron "a proposé d'inviter à Paris l'ensemble des parties néo-calédoniennes pour une rencontre avec le gouvernement visant à relancer le dialogue", selon BFMTV.
Le Président "a également promis qu'il ne convoquerait pas "dans la foulée" d'une éventuelle adoption du texte le Congrès du Parlement, nécessaire pour modifier la Constitution, afin de laisser une dernière chance aux discussions entre les parties locales".