Sanaa Ou Amir Ahamada
01 Août 2026•Mise à jour: 01 Août 2026
AA / Istanbul
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH) a dénoncé un durcissement de la répression des autorités ougandaises contre les opposants, les journalistes, les défenseurs des droits humains et les organisations de la société civile, appelant Kampala à respecter ses engagements en matière de droits fondamentaux.
Selon l'agence onusienne, les restrictions croissantes aux libertés publiques alimentent un climat de peur et réduisent considérablement l'espace civique dans le pays. Africanews a rapporté ces déclarations jeudi.
« Nous sommes consternés par la répression des voix dissidentes, qui s'accompagne d'une érosion progressive de l'État de droit, d'une implication croissante de l'armée dans les institutions civiles et d'un rétrécissement de l'espace civique », a déclaré la porte-parole du HCDH, Ravina Shamdasani.
Elle a ajouté que « ceux qui osent s'exprimer sont réduits au silence. L'autocensure s'accroît, étouffant davantage le débat public et aggravant la polarisation ».
Selon le HCDH, au moins 50 dirigeants et partisans de l'opposition, cinq défenseurs des droits humains et cinq journalistes ont été victimes de violations des droits de l'homme depuis les élections générales du 15 janvier.
Les faits signalés comprennent des disparitions forcées, des actes de torture, des mauvais traitements ainsi que des arrestations et détentions arbitraires fondées sur des dispositions jugées incompatibles avec le droit international des droits de l'homme.
L'agence onusienne a également indiqué que dix importantes organisations de la société civile avaient été suspendues depuis janvier, tandis que d'autres faisaient l'objet d'une surveillance renforcée et, dans certains cas, de harcèlement.
Elle a aussi relevé une implication croissante de l'armée dans des missions habituellement assurées par les institutions civiles, ainsi que la suspension temporaire des activités de certains médias.
Ces déclarations interviennent au lendemain de l'hospitalisation du principal opposant ougandais, Kizza Besigye, âgé de 70 ans, après son malaise lors d'une audience devant un tribunal. Détenu depuis 2024, il est poursuivi pour trahison dans le cadre d'un complot présumé contre le président Yoweri Museveni. Son état de santé a suscité de nouvelles inquiétudes parmi ses proches et les défenseurs des droits humains.
Le HCDH a exhorté les autorités ougandaises à respecter leurs obligations découlant du droit international des droits de l'homme, de la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples ainsi que de la Constitution ougandaise.
L'agence a appelé le gouvernement à garantir à tous les citoyens la liberté d'expression et le droit de participer pleinement à la vie publique.