Monde

Liban: les déclarations du ministre de l'Information avant sa nomination "ne reflètent pas la position du gouvernement"

- Suite à la publication d'un précédent entretien avec le ministre George Kurdahi, dans lequel il considérait que les Houthis du Yémen se défendaient contre les “agressions de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis“

1 23   | 27.10.2021
Liban: les déclarations du ministre de l'Information avant sa nomination "ne reflètent pas la position du gouvernement"

Istanbul

AA / Beyrouth

Le ministère libanais des Affaires étrangères et des Émigrants a déclaré, ce mercredi, que les déclarations du ministre de l'Information George Kurdahi - avant sa nomination à son poste - concernant l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis "ne reflètent pas la position du gouvernement libanais".

C'est ce qui ressort d’un communiqué du ministère, publié par l'Agence nationale de l’Information (gouvernementale), à la suite de l'évocation d'une "crise" entre l'Arabie saoudite et le Liban, sur fond d'un précédent entretien avec Kurdahi, diffusé lundi, dans lequel ce dernier considérait que les Houthis au Yémen “se défendaient contre les attaques de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis“.

Le ministère des Affaires étrangères a déclaré dans le communiqué : “des déclarations personnelles faites précédemment par le ministre libanais de l'Information, avant sa nomination en tant que ministre, et publiées hier, ne reflètent pas la position du gouvernement libanais exprimée par son chef dans le communiqué, publié hier, ni celle de la déclaration gouvernementale qui s'attache aux liens fraternels avec les frères arabes."

Et d’ajouter : “le ministère libanais des Affaires étrangères a condamné à plusieurs reprises les attaques terroristes qui ont visé le Royaume d'Arabie saoudite, et il maintient toujours sa position concernant la sauvegarde de la sécurité et de la sûreté de ses pays-frères du Golfe, pour lesquels il fait part de toute son estime, son respect et son appréciation, et s'abstient de toute ingérence dans leurs politiques internes et externes".

Commentant la diffusion de la vidéo, Kurdahi a annoncé, ce mardi, qu'il n'avait pas l'intention d'offenser l'Arabie saoudite ou les Émirats arabes unis, estimant que son discours sur la nécessité d'arrêter une guerre “futile et nuisible“ au Yémen reflète “une estime“ pour Riyad et Abou Dhabi.

Le ministre libanais de l’Information a expliqué que “cette interview a été réalisée le 5 août, un mois avant que je ne sois nommé ministre dans le gouvernement du Premier ministre Najib Mikati“.

Le Premier ministre, Najib Mikati, a également publié, ce mardi, un communiqué dans lequel il a déclaré que "le gouvernement tient à tisser les meilleures relations avec le Royaume d'Arabie saoudite", tout en condamnant "toute ingérence dans ses affaires intérieures".

Mikati a estimé que l'entretien de Kurdahi “fait partie d'un entretien qu’il a mené plusieurs semaines avant qu'il n'assume ses fonctions ministérielles, ses propos sont inacceptables et n'expriment pas du tout la position du gouvernement, notamment en ce qui concerne la question yéménite et les relations du Liban avec ses pays-frères arabes, et en particulier les pays-frères d'Arabie saoudite et les autres pays du Conseil de coopération du Golfe." .

Historiquement, des relations distinguées existaient entre Riyad et Beyrouth, mais elles se sont sporadiquement ponctuées de certaines tensions. En mai dernier, le ministre libanais des Affaires étrangères de l'époque, Charbel Wehbé, avait demandé à être relevé de ses fonctions, à la suite de déclarations que certains considéraient comme offensantes envers l'Arabie saoudite et les États du Golfe.

* Traduit de l’arabe par Mounir Bennour.

Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.