Liban: Barrot dénonce les attaques contre les journalistes et assure que la France fera "tout pour éviter" un "Gaza bis"

- « S’il est avéré qu’ils ont été délibérément ciblés [journalistes libanais tués] par l’armée israélienne, alors c’est extrêmement grave et constitue une violation flagrante du droit international », a déclaré le chef de la diplomatie française

AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré dimanche que le déblocage du détroit d’Ormuz constituait « une nécessité » et devait être traité en priorité.

« Les eaux internationales sont un bien commun, elles ne doivent jamais être entravées », a-t-il plaidé au micro de France 3, rappelant l’importance de la liberté de navigation dans la région.

Le chef de la diplomatie française a par ailleurs souligné que la France « ne participe pas à cette guerre » et reste « du côté du droit international, comme toujours ». Il a précisé que Paris n’avait « aucune complaisance » envers le régime iranien et que les objectifs du conflit devaient être demandés aux acteurs qui le conduisent.

Le ministre a également réagi à la mort de trois journalistes libanais, dont un correspondant de la chaîne al-Manar du Hezbollah, tués samedi au Liban. « S’il est avéré qu’ils ont été délibérément ciblés par l’armée israélienne, alors c’est extrêmement grave et constitue une violation flagrante du droit international », a-t-il déclaré.

« Jamais les journalistes ne doivent être pris pour cible sur les théâtres de guerre, y compris lorsqu'ils ont des liens avec des parties au conflit. », a martelé le patron du Quai d’Orsay.

Jean-Noël Barrot a enfin assuré que la France ferait « tout pour éviter » un « Gaza bis » au Liban, soulignant la nécessité d’une protection des populations civiles et du respect du droit humanitaire.

Le ministère de la Santé du Liban a indiqué, samedi, que 1 189 personnes ont été tuées dans des attaques israéliennes depuis le 2 mars, dont 47 au cours des dernières 24 heures.

De façon plus globale, les hostilités dans lesquelles s’est embrasée la région s’inscrivent dans un contexte de fortes tensions régionales, après des frappes conjointes américano-israéliennes lancées le 28 février contre l’Iran, ayant fait plus de 1 340 morts, dont l’ancien Guide suprême Ali Khamenei.

En réponse, l’Iran a lancé des vagues d’attaques de drones et de missiles visant l’Israël, ainsi que la Jordanie, l’Irak et des pays du Golfe accueillant des installations militaires américaines. Ces attaques ont fait des victimes, endommagé des infrastructures et perturbé les marchés mondiaux ainsi que le trafic aérien.

L’Iran a également, de facto, fermé le détroit d’Ormuz à la plupart des navires. Cette voie stratégique pour le pétrole assure habituellement le transit d’environ 20 millions de barils par jour, soit près de 20 % du commerce mondial de gaz naturel liquéfié.