AA / Istanbul
L'Arabie saoudite, l'Égypte, la Jordanie, le Qatar et le Koweït ont condamné, l'agression israélienne contre des installations militaires dans le sud de la Syrie, estimant que la poursuite de ces pratiques compromet les fondements de la sécurité et de la stabilité régionales.
Ces condamnations figurent dans des communiqués officiels des ministères des Affaires étrangères des cinq pays, publiés après que l'armée israélienne a annoncé avoir mené des frappes nocturnes contre des dépôts d'armes de l'armée syrienne dans le sud du pays, sous prétexte de riposter à « une agression ayant ciblé des civils druzes à Soueïda ».
- Arabie saoudite
Le ministère saoudien des Affaires étrangères a exprimé sa condamnation « dans les termes les plus fermes » de l'agression israélienne, la qualifiant de violation flagrante du droit international et de la souveraineté de la Syrie.
Il a réaffirmé son rejet de cette « agression éhontée » et de la violation par Israël de l'accord de désengagement de 1974, renouvelant son appel à la communauté internationale pour mettre fin à ces violations, et confirmant sa solidarité avec la Syrie et son soutien à tout ce qui préserve sa souveraineté et son intégrité territoriale.
- Égypte
Le ministère égyptien des Affaires étrangères a condamné « dans les termes les plus fermes » l'agression israélienne, affirmant qu'elle constitue « une violation flagrante et répétée de la souveraineté de la Syrie et de son intégrité territoriale, et une transgression manifeste des règles du droit international et de la Charte des Nations Unies ».
Il a insisté sur son rejet catégorique de la répétition de ces pratiques, avertissant que leur poursuite risque d'entraîner la région vers davantage de chaos et de tensions, et a réclamé un retrait « immédiat et total » des forces israéliennes des territoires syriens occupés.
L'Égypte a appelé la communauté internationale, et le Conseil de sécurité en particulier, à assumer ses responsabilités pour mettre fin à ces violations et contraindre Israël à se conformer au droit international.
- Qatar
Le ministère qatari des Affaires étrangères a qualifié ces violations de « violation flagrante de la souveraineté de la Syrie et d'infraction manifeste aux dispositions du droit international et à la Charte des Nations Unies », selon un communiqué.
Le Qatar a souligné que la poursuite de ces pratiques dans la région sans entrave témoigne d'un mépris grave du droit international et compromet les fondements de la sécurité et de la stabilité régionales, insistant sur le fait que l'incapacité de la communauté internationale à y mettre fin a contribué à aggraver la crise.
Le Qatar a réaffirmé sa position constante de soutien à la Syrie, confirmant sa solidarité avec le gouvernement syrien et la protection de sa souveraineté et de son intégrité territoriale.
- Jordanie
Le ministère jordanien des Affaires étrangères a qualifié dans un communiqué les agressions israéliennes de « violation flagrante de la souveraineté de la Syrie et de son intégrité territoriale, et de transgression manifeste du droit international ».
Le porte-parole du ministère, Fouad al-Majali, a affirmé « le rejet absolu du Royaume et sa condamnation vigoureuse de cette agression israélienne », soulignant la nécessité de mettre fin à toutes les agressions contre le territoire syrien, qui constituent une violation de la Charte des Nations Unies et des obligations d'Israël au titre de l'accord de désengagement de 1974.
Al-Majali a réaffirmé le soutien total de la Jordanie à la Syrie, appelant la communauté internationale à contraindre Israël à cesser ses agressions, à mettre fin à son occupation de parties du territoire syrien et à respecter le droit international.
- Koweït
Le ministère koweïtien des Affaires étrangères a exprimé sa condamnation et sa vive réprobation du ciblage par Israël d'installations militaires en Syrie, qualifiant ces agressions de « violation flagrante de la souveraineté de la Syrie et de son intégrité territoriale, du droit international, de la Charte des Nations Unies et des résolutions de la légalité internationale pertinentes ».
Le Koweït a demandé au Conseil de sécurité et à la communauté internationale d'assumer leurs responsabilités pour mettre fin à ces violations, confirmant son soutien total au gouvernement syrien face à l'agression et pour préserver sa sécurité, sa stabilité et sa souveraineté.
De son côté, le ministère syrien des Affaires étrangères a déclaré que « cette nouvelle agression, menée sous des prétextes fallacieux et des arguments fabriqués, constitue un prolongement manifeste de la politique d'escalade qu'Israël poursuit, et une continuation de l'ingérence dans les affaires intérieures dans le but de déstabiliser la sécurité et la stabilité dans la région ».
Israël occupe depuis 1967 la majeure partie du plateau syrien du Golan, et a étendu sa présence militaire à des zones supplémentaires, dont la zone tampon syrienne, à la suite des événements intérieurs qui ont suivi la chute du président Bachar al-Assad fin 2024.
Malgré la mise en place en janvier dernier d'un mécanisme de communication entre la Syrie et Israël, sous supervision américaine, visant à coordonner l'échange d'informations et à réduire les tensions, les violations israéliennes se poursuivent sous forme d'incursions terrestres, de bombardements d'artillerie et d'arrestations, ce qui limite la capacité de la Syrie à retrouver la stabilité et entrave les efforts d'attraction des investissements et d'amélioration de la situation économique.
* Traduit de l'arabe par Mariem Njeh