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Les délégations américaine et iranienne arrivent à Doha pour discuter du dossier sur le nucléaire

- La porte-parole du département d'État américain a confirmé des rapports de presse selon lesquels le Qatar aurait organisé des pourparlers indirects entre Washington et Téhéran, concernant un retour des Etats-Unis à l'accord sur le nucléaire

Mennatallah H. H. M. Said A.   | 28.06.2022
Les délégations américaine et iranienne arrivent à Doha pour discuter du dossier sur le nucléaire

Qatar

AA / Doha

Les médias iraniens ont révélé, ce mardi, que le négociateur en chef sur le nucléaire, Ali Bagheri Kani, était arrivé dans la capitale qatarie Doha, à un moment où l’envoyé spécial américain effectue une visite dans ce pays arabe, afin de discuter du dossier nucléaire de Téhéran.

Le journal d'État "Tehran Times" a publié une photo de Bagheri Kani dans le hall d'un hôtel qatari, accompagné de l'ambassadeur d'Iran à Doha, Hamidreza Dehghani.

Selon la même source, Bagheri se trouvait à Doha "pour reprendre les pourparlers" liés à un retour des Etats-Unis dans le giron de l'accord nucléaire de 2015.

Plus tôt dans la journée, l'ambassade de Washington à Doha a annoncé que l'envoyé spécial américain pour les affaires iraniennes, Robert Malley, avait rencontré le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, le Cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al Thani.

L'ambassade américaine a indiqué, dans un communiqué, que les deux responsables ont discuté à Doha du "partenariat solide entre les Etats-Unis et le Qatar, et des efforts diplomatiques conjoints concernant l'Iran".

L'arrivée de Malley et de Bagheri à la capitale qatarie s’est faite à un moment où des sources américaines et iraniennes avaient confirmé que Doha allait accueillir des pourparlers indirects entre Washington et Téhéran, portant sur le retour des Etats-Unis à l'accord sur le nucléaire.

Pour sa part, le Qatar a salué l’organisation, cette semaine, d’une série de pourparlers indirects entre les États-Unis et l'Iran, portant sur la relance de l'accord nucléaire, signé en 2015.

Le ministère qatari des Affaires étrangères a déclaré, dans un communiqué, que "le Qatar salue l’organisation d’une série de pourparlers indirects entre les États-Unis et l'Iran à Doha, cette semaine, sous les auspices de l'Union européenne".

La diplomatie qatarie a souligné "que Doha est entièrement disposée à créer une atmosphère qui aiderait toutes les parties à mener le dialogue vers le succès".

Le ministère a exprimé l'espoir du Qatar de voir le cycle de pourparlers indirects déboucher sur des résultats positifs, qui contribueraient à relancer l'accord sur le nucléaire, signé en 2015, ce qui soutiendrait et renforcerait la sécurité, la stabilité et la paix dans la région, et ouvrirait de nouveaux horizons pour une coopération et un dialogue régionaux plus larges avec l'Iran.

Les médias américains, dont les chaînes d’information Al-Hurra et CNN, ont rapporté, dans la journée du lundi, les déclarations de la porte-parole du département d'État américain, dont le nom n’a pas été mentionné, confirmant des rapports de presse selon lesquels le Qatar aurait organisé des pourparlers indirects entre Washington et Téhéran concernant un retour des Etats-Unis dans le giron de l'accord nucléaire.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saeed Khatibzadeh, a déclaré, pour sa part, lors d'une conférence de presse tenue lundi, que "des négociations sur la levée des sanctions entre l'Iran et les États-Unis auront lieu indirectement cette semaine dans l'un des pays du Golfe", rapporte l'agence de presse officielle IRNA.

Il y a deux jours, l'Iran et l'Union européenne ont convenu de sortir de l'impasse qui paralyse les pourparlers nucléaires de Vienne, depuis trois mois, à la suite des réunions du coordinateur de la politique étrangère de l'Union européenne, Josep Borrell, à Téhéran, avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdollahian, et le chef du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Shamkhani.

Les principales divergences entre l'Iran et les États-Unis tournent autour du retrait des organisations liées au Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) des listes terroristes et les garanties du non-retrait des futures administrations américaines de l'accord sur le nucléaire.

En mai dernier, l'émir du Qatar, Tamim bin Hamad Al Thani, s'est rendu à Téhéran et a eu des entretiens approfondis avec le président iranien, Ibrahim Raïssi, qui ont inclus les pourparlers sur l'accord nucléaire.

La visite s’est faite après un jour de l’arrivée à Téhéran du chef adjoint de la politique étrangère de l'Union européenne, Enrique Mora, pour des entretiens avec des responsables iraniens.

Les diplomates iraniens, américains ainsi que ceux de cinq autres pays, négocient depuis des mois, dans la capitale autrichienne Vienne, pour conclure un accord rétablissant les restrictions sur le programme nucléaire de Téhéran, et ce, en échange de la levée des sanctions économiques réimposées par l'ancien président américain, Donald Trump, après le retrait de Washington de l'accord sur le nucléaire iranien en mai 2018.

* Traduit de l’arabe par Mounir Bennour.

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