Saadet Gokce
23 Juillet 2026•Mise à jour: 23 Juillet 2026
Le Premier ministre malaisien, Anwar Ibrahim, a réaffirmé mercredi la volonté de son gouvernement de maintenir la politique interdisant l'entrée des ressortissants israéliens sur le territoire malaisien.
Selon l'agence de presse officielle Bernama, Anwar Ibrahim a expliqué que cette position s'inscrivait dans l'engagement de Kuala Lumpur à défendre les droits du peuple palestinien et à s'opposer à « l'oppression, à l'agression et aux tueries qui se poursuivent » dans la bande de Gaza.
Le chef du gouvernement a souligné que cette politique n'avait rien de nouveau, précisant qu'elle était appliquée depuis plusieurs décennies et qu'elle « devrait déjà être bien connue des États-Unis ».
« Plusieurs membres du Congrès américain m'ont critiqué en raison de la décision de la Malaisie d'interdire l'entrée des ressortissants israéliens dans le pays ainsi que leur participation à des entreprises et à des activités connexes », a déclaré Anwar.
« Cela ne nous fera pas changer de position. Ils peuvent proférer des menaces, mais je défendrai fermement les droits du peuple malaisien et maintiendrai la décision du gouvernement de continuer à interdire l'entrée de tout ressortissant israélien en Malaisie », a-t-il ajouté.
Plus tôt cette semaine, huit élus démocrates américains ont adressé une lettre au secrétaire d'État Marco Rubio pour exprimer leur mécontentement face au projet de la Malaisie d'expulser les citoyens israéliens présents sur son territoire.
Le ministre malaisien des Affaires étrangères, Mohamad Hasan, a indiqué jeudi qu'un citoyen possédant les nationalités américaine et israélienne était entré en Malaisie avec un passeport américain, avant d'être invité à quitter le pays après que les autorités ont confirmé sa nationalité israélienne.
Les parlementaires américains ont appelé le département d'État à « préciser les mesures qu'il entend prendre en réponse » à cette politique et l'ont exhorté à suspendre le financement du programme de formation militaire internationale (IMET) destiné à la Malaisie si cette décision n'était pas annulée.
« Comment des représentants élus dans ce pays (les États-Unis) peuvent-ils rester silencieux face aux massacres d'enfants, de civils et de femmes, à la destruction des habitations et à l'occupation des terres ? », s'est interrogé Anwar.
« La Malaisie est une nation indépendante. Même si ceux qui tiennent de tels propos ne sont pas libres de s'exprimer, nous, nous sommes libres de faire entendre notre voix », a déclaré le Premier ministre malaisien de 78 ans, ancien universitaire ayant notamment enseigné à l'université américaine de Georgetown.
Il a toutefois estimé que cette affaire ne devrait pas affecter les relations bilatérales entre Kuala Lumpur et Washington.
Pour sa part, Mohamad Hasan a indiqué que l'ambassadeur de Malaisie à Washington avait exposé la position de Kuala Lumpur au département d'État américain.
Le chef de la diplomatie malaisienne a enfin rappelé que la politique d'immigration du pays ne reconnaissait ni « l'État d'Israël » ni « le régime sioniste ».
* Traduit de l'anglais par Adama Bamba