Lina Altawell
22 Juillet 2026•Mise à jour: 22 Juillet 2026
AA / Istanbul
Le président libanais Joseph Aoun a posé trois conditions pour un éventuel désarmement du Hezbollah, à commencer par la fin de l’occupation israélienne des zones du sud du Liban, selon un communiqué publié mercredi par la présidence libanaise.
Aoun a tenu ces propos lors d’un dîner organisé par l’ambassadrice du Liban à Washington, Nada Hamadeh Mouawad, en l’honneur du président et de sa délégation, en présence de membres du Congrès et de responsables de l’administration américaine.
Le dîner s’est tenu mardi soir, lors de la dernière journée de la visite officielle de Aoun à Washington, où il a rencontré le président américain Donald Trump.
« Le Hezbollah peut être désarmé si nous sommes honnêtes quant à ce que cela exige réellement : la fin de l’occupation, la prise de contrôle total par l’armée et un programme de reconstruction géré exclusivement par l’État », a déclaré Aoun.
« Ce groupe armé n’est pas une force mercenaire étrangère, mais il est composé de citoyens libanais qui, au fil de quatre décennies, ont été façonnés par un investissement idéologique, social et militaire pour former un groupe armé non étatique opérant hors du contrôle du gouvernement », a-t-il précisé.
« Cette réalité ne rend pas l’objectif moins urgent, mais elle rend la méthode d’autant plus importante », a-t-il ajouté.
Citant des exemples tirés d’autres conflits, notamment les Forces armées révolutionnaires de Colombie et l’Armée républicaine irlandaise en Irlande du Nord, Aoun a déclaré que la voie à suivre était claire : « le désarmement, la démobilisation et la réintégration ».
Il a précisé que le processus commençait par l’élimination de la cause profonde longtemps invoquée par le Hezbollah pour justifier son existence : l’occupation par Israël du territoire libanais.
« Il se poursuit par la prise en charge par l’armée libanaise du contrôle opérationnel total et exclusif, ce qui nécessite un soutien immédiat et inconditionnel à l’armée libanaise en tant que seul défenseur légitime du pays », a-t-il ajouté.
« Le processus s’achève par la réinsertion grâce à un programme de reconstruction géré exclusivement par l’État libanais et associé à de réelles opportunités économiques, afin que les armes ne soient plus la seule option », a déclaré le président.
Le 26 juin, le Liban et Israël ont signé un accord-cadre prévoyant un retrait progressif d’Israël de l’ensemble du territoire libanais occupé, mais celui-ci ne comporte pas de calendrier de retrait. Il subordonne plutôt l’achèvement du processus à la prise en charge par l’armée libanaise de l’entière responsabilité de la sécurité dans les zones évacuées par les forces israéliennes et au désarmement des groupes armés, y compris le Hezbollah.
Selon les chiffres officiels libanais, les attaques israéliennes au Liban ont fait 4 328 morts et 12 230 blessés depuis le 2 mars.
Israël continue d’occuper certaines parties du sud du Liban, dont certaines sont sous son contrôle depuis des décennies et d’autres ont été saisies lors de la guerre précédente, entre octobre 2023 et novembre 2024.
*Traduit de l’anglais par l'équipe