Le Pentagone prépare des opérations terrestres de plusieurs semaines en Iran sur fond de débat sur l'escalade

- Les plans incluent des raids et des missions côtières alors que Trump évalue ses options, des responsables mettent en garde contre des risques accrus, selon les médias

AA / Ankara / Merve Berker 

Le Pentagone se prépare à de potentielles opérations terrestres de plusieurs semaines en Iran alors que des milliers de soldats américains se déploient au Moyen-Orient, dans l'attente d'une décision du président Donald Trump, a rapporté un média samedi.

Des responsables ont déclaré que ces plans pourraient marquer « une nouvelle phase de la guerre » qui pourrait être « considérablement plus dangereuse » pour les forces américaines que les quatre premières semaines de combats, selon le Washington Post.

Toute mission terrestre n'irait pas jusqu'à une invasion à grande échelle et pourrait impliquer des raids menés par les forces d'opérations spéciales et l'infanterie conventionnelle, selon des responsables s'exprimant sous couvert d'anonymat.

Ils ont indiqué que ces opérations pourraient exposer les troupes à « des drones et des missiles, des tirs au sol et des engins explosifs improvisés ».

« Il incombe au Pentagone de faire des préparatifs afin de donner au commandant en chef un maximum d'options », a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, citée par le journal. « Cela ne signifie pas que le président a pris une décision. »

Les discussions ont porté sur de potentielles opérations ciblant l'île de Kharg, un pôle clé pour les exportations pétrolières iraniennes, et des raids côtiers près du détroit d'Ormuz pour neutraliser les menaces pesant sur le transport maritime.

Des responsables ont affirmé que les missions envisagées pourraient durer « des semaines, et non des mois », tandis que d'autres ont estimé qu'elles pourraient s'étendre sur « quelques mois ».

Trump avait précédemment déclaré : « Je n'envoie de troupes nulle part », tandis que le secrétaire d'État Marco Rubio a affirmé qu'il « ne s'agira pas d'un conflit prolongé » et que les objectifs pourraient être atteints « sans troupes au sol ».

Treize soldats américains ont été tués et plus de 300 autres blessés dans des attaques à travers la région depuis le début de la guerre fin février, ont précisé des responsables.

L'opinion publique reste divisée, un sondage montrant que 62 % des personnes interrogées sont opposées au déploiement de troupes terrestres en Iran, tandis que 12 % soutiennent cette mesure.

L'analyste militaire Michael Eisenstadt a mis en garde contre les risques, déclarant : « Je ne voudrais tout simplement pas me trouver dans cet espace restreint face à la capacité de l'Iran à faire pleuvoir des drones. »

Il a ajouté que la mobilité est cruciale, soulignant que « l'agilité fait partie de la protection de vos forces ».

L'escalade régionale continue de faire rage depuis qu'Israël et les États-Unis ont lancé une offensive contre l'Iran le 28 février, faisant à ce jour plus de 1 300 morts, dont le Guide suprême de l'époque, Ali Khamenei.

L'Iran a riposté par des frappes de drones et de missiles ciblant Israël, la Jordanie, l'Irak et les pays du Golfe abritant des installations militaires américaines, causant des pertes humaines et des dommages aux infrastructures, tout en perturbant les marchés mondiaux et l'aviation.

* Traduis de l'anglais par Mariem Njeh