AA / Genève / Beyza Binnur Donmez
Le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé mardi que le conflit au Moyen-Orient provoquait « la perturbation la plus importante des chaînes d’approvisionnement » depuis la pandémie de Covid-19 et le début de la guerre en Ukraine, affectant 70 000 tonnes de ses stocks alimentaires.
« Pour nous, c’est la perturbation la plus significative des chaînes d’approvisionnement que nous ayons observée depuis la pandémie de Covid-19 et le début du conflit en Ukraine », a déclaré Corinne Fleischer, directrice des opérations logistiques du PAM, lors d’un point presse à Genève.
Elle a précisé que ces 70 000 tonnes de nourriture sont actuellement retardées ou bloquées dans les ports, en raison de perturbations liées au détroit d’Ormuz. « Les navires restent bloqués, ne peuvent pas accoster ou quitter les ports, et les conteneurs ne sont pas déchargés : c’est une perturbation totale d’une chaîne d’approvisionnement mondiale », a-t-elle ajouté.
L’impact dépasse le Moyen-Orient, avec des détournements de routes par l’Afrique, entraînant un allongement des délais de transport de 25 à 30 jours et une hausse des coûts de 15 à 25 %. Le PAM cherche à obtenir un accès prioritaire pour ses cargaisons et a négocié des dérogations sur certains surcoûts, permettant d’éviter environ 1,5 million de dollars de dépenses supplémentaires.
Malgré ces mesures, Fleischer a tiré la sonnette d’alarme sur la montée des besoins humanitaires : « Nos projections indiquent que d’ici juin, 45 millions de personnes supplémentaires seront en situation de faim aiguë. » Elle a averti que « plus de besoins, des coûts plus élevés et un financement insuffisant risquent d’empêcher l’accès à ces populations ».
Elle a enfin souligné que ces surcoûts et réacheminements se traduiraient par une hausse des prix alimentaires partout dans le monde, qualifiant la situation de « préoccupation majeure ».
*Traduit de l'anglais par Ben Amed Azize Zougmore