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Le Pakistan refuse d'accueillir des bases militaires américaines

- Islamabad a démenti avoir conclu un accord avec Washington concernant les futures opérations de lutte contre le terrorisme en Afghanistan

Raşa Evrensel   | 26.05.2021
Le Pakistan refuse d'accueillir des bases militaires américaines

Karaçi

AA / Karachi

Le ministre pakistanais des Affaires étrangères Shah Mahmood Hussain Qureshi a souligné le refus de son pays d'accueillir des bases militaires américaines sur son sol.

Qureshi a démenti, lors de son discours au Sénat, ce mardi, l'existence d'arrangements avec Washington, un allié de longue date d'Islamabad, concernant ce que l’on appelle la "guerre contre le terrorisme".

Il a souligné que son pays "ne permettra pas aux Etats-Unis de mettre en service une base militaire ou de mener des opérations militaires à l'aide de drones dans l'Afghanistan voisin, depuis le Pakistan".

Et de poursuivre : "Que ce Conseil et la nation pakistanaise soient témoins de mes déclarations que durant le mandat du Premier ministre Imran Khan, il n'y aura pas de base américaine sur le sol pakistanais".

Il a évoqué l'établissement d'une base américaine au Pakistan pendant la guerre froide contre l'ex-Union soviétique, en déclarant : "Oubliez le passé".

Qureshi a affirmé que "la politique de notre gouvernement est très claire, nous n'autoriserons pas l'utilisation de drones (depuis le territoire pakistanais), et nous ne sommes pas intéressés par la surveillance des drones américains".

Ces propos ont été tenus à la suite de rapports de presse faisant état de négociations entre Washington et Islamabad pour un nouveau règlement facilitant les futures opérations antiterroristes américaines en Afghanistan, suite au retrait des forces étrangères, en application de l'Accord de paix de Doha de 2020, avec le mouvement "Taliban".

Qureshi a décrit ces rapports comme étant "sans fondement et contradictoires".

Les déclarations de Qureshi font suite aux propos tenus, un jour auparavant, par l’envoyé spécial russe en Afghanistan, Zamir Kaboulov, qui a déclaré que "les deux voisins, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan, ne permettront pas à Washington d’établir des bases militaires sur leurs territoires".

Le Qatar a joué un rôle de médiateur dans les négociations entre Washington et les "Talibans", qui ont abouti à la signature d'un accord historique à la fin du mois de février 2020, pour un retrait progressif des États-Unis d'Afghanistan et un échange de prisonniers.

L'Afghanistan est en guerre depuis 2001, lorsqu'une coalition militaire internationale dirigée par Washington a renversé le régime des Talibans, en raison de son association à l'époque avec Al-Qaïda, qui avait revendiqué les attentats du 11 septembre survenus la même année, aux États-Unis.

* Traduit de l’arabe par Mounir Bennour.

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