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Le médiateur grec ouvre une enquête concernant un interprète de Frontex illégalement repoussé

- Des dizaines de réfugiés ont été repoussés vers la Turquie par les autorités grecques en septembre, selon les médias

Ahmet Gençtürk   | 02.12.2021
Le médiateur grec ouvre une enquête concernant un interprète de Frontex illégalement repoussé

Ankara

AA / Ankara

Le médiateur grec [le défenseur des droits] a ouvert mercredi une enquête suite à la plainte d'un interprète de l’agence des frontières de l'Union Européenne (FRONTEX), refoulé violemment par les autorités grecques en Turquie.

Selon le journal "Avgi", le médiateur grec a ouvert une enquête après la transmission d'une plainte via le mécanisme de plainte FRONTEX d'un interprète résident italien.

Le quotidien note que l'interprète a affirmé avoir été violenté par les forces grecques, qui l'ont finalement expulsé, avec au moins 100 autres réfugiés, vers la Turquie.

Le défenseur des droits a également publié une déclaration confirmant l'enquête, dans laquelle il est précisé qu’ "Il s'agit de la deuxième plainte individuelle concernant des refoulements que le mécanisme de plainte FRONTEX a transmise au médiateur grec en 2021, entre autres plaintes concernant des violations des droits fondamentaux par des agents nationaux, dans le cadre d'opérations impliquant FRONTEX".

Le médiateur grec a, par ailleurs, ajouté qu'il s'attend à ce que les services compétents de la police prennent rapidement des mesures concernant la plainte et continuent de coopérer pleinement à l'enquête.

En septembre dernier, l'interprète, originaire d'Afghanistan et résidant en Italie, était en mission dans la région nord d'Evros.

Il se dirigeait en bus vers la ville portuaire de Thessalonique, dans le nord du pays, lorsque la police a arrêté le bus et l'a fait descendre, ainsi que d'autres réfugiés.

L'interprète a précisé qu’au moins 100 réfugiés, dont des femmes et des enfants, ont été emmenés dans un entrepôt où ils ont été battus, forcés de se déshabiller et dépouillés de documents, d'argent et de téléphones portables. Il a lui mêmes subit ces sévices.

Il a précisé avoir tenté d'informer la police qu'il travaillait pour l'agence des frontières de l'UE, mais que les policiers présent s’étaient moqués de lui et lui avaient asséné davantage de coups avant de finalement d’obliger le groupe à monter sur un bateau et de les pousser vers la Turquie.

L'interprète a réussi à atteindre Istanbul et s'est rendu au consulat italien. Il est rentré en Italie le 18 septembre.

Il est à noter, selon le journal grec, que le gouvernement avait initialement contesté la plainte, affirmant qu'une enquête avait montré que "les faits ne sont pas tels qu'ils sont présentés".

* Traduit par Fatih Karakaya

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