Wejden Jlassi
19 Février 2021•Mise à jour: 19 Février 2021
AA / Toronto
Le Canada a annoncé, jeudi, l'adoption de sanctions à l’encontre de certains responsables du coup d’État qui a renversé le gouvernement civil d’Aung San Suu Kyi au Myanmar.
Par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Marc Garneau, le Canada a décidé le gel des avoirs de neuf hauts gradés de l’armée birmane impliqués de manière directe dans le putsch, dont le nouveau dirigeant du pays, le général Min Aung Hlaing.
"Le Canada n’acceptera pas les actions de l’armée au Myanmar, ni son mépris total à l’égard de la volonté et des droits démocratiques du peuple du Myanmar", lit-on dans un communiqué officiel du département canadien des Affaires étrangères.
A l'instar de Londres et Washington, Ottawa a dénoncé la campagne systématique de répression de la junte militaire, qui se traduit par la prise de mesures législatives coercitives et le recours à la force, notamment des détentions arbitraires massives, et des restrictions d'accès à l’information et au droit à la liberté d’opinion et d’expression, d’association et de réunion.
Depuis que l'armée a pris le pouvoir en Birmanie au début du mois courant, l'accusation de « diffamation contre l'État», passible d'une peine maximale de deux ans, est utilisée à grande échelle pour étouffer les opposants.
La semaine dernière, le gouvernement militaire a émis des mandats d'arrêt sur la base de cette même accusation contre sept autres personnes, dont Min Ko Naing, leader historique de l’opposition birmane et deuxième personnalité la plus influente du pays, après la conseillère d'État, Aung San Suu Kyi.
La junte militaire a également suspendu certaines lois pour permettre aux forces de sécurité d'arrêter des citoyens et de fouiller leurs propriétés privées sans obtenir d’autorisation préalable de la justice.
Selon les Nations Unies, plus de 350 personnes ont été arrêtées depuis le coup d'État militaire du 1er février qui a renversé le gouvernement civil dirigé par le conseiller d’État Aung San Suu Kyi.
*Traduit de l'arabe par Wejden Jlassi