1 23
13 Avril 2018•Mise à jour: 13 Avril 2018
AA/ Moscou
"Je pense que l’équipe d’enquêteurs relevant de l’Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) ne trouveront aucune preuve d’utilisation d’armes chimiques à Douma", a déclaré, vendredi, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.
Lavrov s’exprimait lors d’une conférence de presse conjointe animée, vendredi à Moscou, avec son homologue néerlandais, Stef Blok.
"Moscou détient des preuves irréfutables affirmant que la présumée attaque chimique à Douma n’était qu’une pièce de théâtre soutenue par les services de renseignement de l’un des pays qui mènent une campagne contre la Russie", a-t-il lancé.
Lavrov a, d’autre part, fait savoir que "la Russie était en contact permanent avec Washington au sujet de la Syrie et que la frappe américaine pourrait provoquer davantage de flux migratoires vers l’Europe", a rapporté la chaîne russe "Russia Today".
Aux yeux du chef de la diplomatie russe, l’éventuelle frappe militaire en Syrie est une "aventure" dont "les résultats seraient similaires à ceux observés en Libye et en Irak".
Évoquant l’affaire de l’ancien agent double russe, Sergueï Skripal, Lavrov a déclaré que "le Secrétaire britannique aux Affaires étrangères avait commencé à changer les faits et à les politiser".
Pour sa part, le chef de la diplomatie néerlandaise a exprimé sa joie d’avoir visité Moscou dans le but d’examiner des questions bilatérales et internationales majeures, notamment la Crise syrienne et l’Ukraine.
"Les Pays-Bas rejettent catégoriquement une nouvelle utilisation d’armes chimiques en Syrie", a affirmé Blok.
Au moins 78 civils avaient été tués et des centaines d’autres blessés samedi dernier, dans une attaque chimique menée par le Régime syrien sur Douma, dernier bastion de l’opposition syrienne dans la Ghouta orientale, selon des sources médicales.
Les Etats-Unis qui avaient considéré que l’entière responsabilité de l’attaque chimique incombait au Régime syrien, avaient menacé d’une frappe américaine ferme.
Aux yeux de Moscou, principale alliée politique et militaire du Régime d’al-Assad, l’éventuelle frappe n’était que des allégations.
A cet égard, le président américain, Donald Trump s’était engagé, lundi dernier, à riposter dans un délai de 24h à 48h à l’attaque chimique ayant ciblé Douma. Cependant, il a annoncé, jeudi, via son compte Twitter, ne pas avoir avancé de date précise pour une frappe contre la Syrie.
"[Je n'ai] jamais dit quand une attaque contre la Syrie aurait lieu. [Elle] pourrait être très bientôt ou pas de sitôt!", a tweeté Trump, jeudi.