AA / Ramallah (Palestine) / Qais Abu Samra
Une grève générale a largement paralysé la vie quotidienne à travers la Cisjordanie occupée mercredi, en protestation contre une loi israélienne autorisant la peine de mort contre des prisonniers palestiniens.
Des commerces, institutions publiques et privées, banques, universités et écoles ont fermé, tandis que les hôpitaux et les boulangeries sont restés ouverts, selon un correspondant d’Anadolu.
Les rues de Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne, apparaissaient en grande partie vides, avec des commerces fermés.
La grève a suivi un appel du mouvement Fatah, qui avait annoncé la veille une paralysie générale pour s’opposer à la loi.
Le Fatah a indiqué que la grève faisait partie des efforts visant à faire annuler la législation israélienne, la décrivant comme une escalade dangereuse et une violation visant les Palestiniens. Le mouvement a également appelé à une mobilisation publique plus large et à une pression régionale et internationale accrue pour abroger la loi.
Parallèlement, des milliers de personnes ont défilé mercredi à Ramallah pour protester contre la loi, à la suite d’un rassemblement organisé par des groupes de défense des prisonniers, dont la Société des prisonniers palestiniens, la Commission des affaires des détenus et l’organisation de défense des droits Addameer, sur la place centrale de Manara.
Les manifestants ont parcouru plusieurs rues de Ramallah, scandant des slogans contre les politiques israéliennes et la loi sur la peine de mort, tout en exprimant leur soutien aux détenus incarcérés dans les prisons israéliennes, selon un journaliste d’Anadolu.
Des dirigeants de factions palestiniennes et des figures religieuses ont également rejoint la marche, a indiqué le journaliste.
Les participants ont brandi des drapeaux palestiniens et tenu des banderoles de solidarité lors de la manifestation.
Pour rappel, la Knesset israélienne a approuvé le projet de loi controversé lundi. La législation permet aux tribunaux d’imposer la peine de mort à des Palestiniens reconnus coupables d’avoir intentionnellement tué des Israéliens sans nécessiter de demande du procureur ni d’accord judiciaire unanime. Elle s’applique également aux tribunaux militaires traitant des affaires impliquant des Palestiniens en Cisjordanie occupée.
Selon la Commission des affaires des détenus, 117 Palestiniens actuellement détenus dans des prisons israéliennes pourraient être concernés par la loi.
La législation a suscité des critiques en Israël. Environ 1 200 personnalités israéliennes, dont des lauréats du prix Nobel, d’anciens responsables militaires et d’anciens juges de la Cour suprême, ont exprimé une forte opposition en février, la qualifiant de « tache morale ».
Plus de 9 500 Palestiniens sont détenus dans des prisons israéliennes, dont 350 enfants et 73 femmes, selon des données palestiniennes. Des groupes de défense des droits humains palestiniens et israéliens affirment que les détenus sont confrontés à la torture, à la faim et à la négligence médicale, entraînant des dizaines de morts.
Depuis octobre 2023, Israël a renforcé les mesures contre les détenus palestiniens dans le contexte de la guerre à Gaza, qui a fait plus de 72 000 morts et 172 000 blessés, dont la majorité sont des femmes et des enfants, selon le ministère de la Santé de Gaza.