Bilal Müftüoğlu
03 Juin 2016•Mise à jour: 04 Juin 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
La France a appelé vendredi la Palestine et Israël à respecter la solution à deux Etats au Proche-Orient, "en grave danger" à cause de la colonisation israélienne et la banalisation des violences dans la région.
S'exprimant à l'issue de la réunion sur l'Initiative pour la paix au Proche-Orient, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault s'est félicité d'une "étape positive" pour la résolution du conflit israélo-palestinien, regrettant cependant que la perspective de cette résolution "s'éloigne chaque jour".
L'initiative pour la paix au Proche-Orient a démarré ce vendredi à Paris, dans le cadre d'une réunion ministérielle organisée par le ministère français des Affaires étrangères. Les 28 délégations internationales participant à cette initiative dont le Secrétaire d'Etat américain John Kerry, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon et le ministre chinois des Affaires étrangères Yi Wang, appellent ainsi, comme souligne le communiqué conjoint adopté à la fin de la réunion, à "mettre fin l'occupation israélienne qui a commencé en 1967".
"Les parties doivent montrer leur attachement à cette solution" à deux Etats, a estimé pour sa part Ayrault.
Le conflit israélo-palestinien reste par ailleurs malgré la présence de nombreux conflits, "au cœur de nos préoccupations", a tenu à souligner le chef de la diplomatie française, ajoutant que la communauté internationale est, "plus que jamais", mobilisée pour cette question.
La perspective d'une solution à deux Etats "s'éloigne aussi dans les esprits par la méfiance, par l'incitation à la violence et au fanatisme", a mis en garde Ayrault.
Et d'ajouter: "Nous nous approchons d'un point de non-retour au-delà duquel cette solution ne sera plus possible, il faut donc absolument tout faire pour préserver cette perspective et pour cela il faut la réanimer avant qu'il ne soit trop tard".
La communauté internationale envoie, selon Ayrault, "un message de mobilisation" au Moyen-Orient, à la Palestine et à l'Israël, qui n'étaient pourtant pas conviés à cette première réunion.
Les participants ont évoqué les moyens pour "redonner une chance à la paix", a encore noté le ministre français. Ils ont salué les travaux du Quarter pour le Moyen-Orient, qui incluent les États-Unis, la Russie, l'Union européenne et les Nations Unies, ainsi que l'engagement de Kerry, bien que la conférence ait été reportée de fin mai au 3 juin.
Les participants ont également constaté qu'il est "urgent de créer les conditions" et de "rétablir la confiance" entre Palestiniens et Israéliens, notamment "au vu de l'absence de toute négociation".
"Eux seuls peuvent faire la paix", a affirmé Ayrault, faisant allusion au rejet de l'initiative française par le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, qui, lui, insiste sur des rencontres bilatérales directes. La communauté internationale ne cherche pas à "se substituer" aux parties concernées mais à offrir un cadre et un calendrier pour les pourparlers afin que les deux parties entament les discussions, a ajouté le ministre.
"Il ne s'agit pas de forcer les parties à négocier", a poursuivi Ayrault estimant tout de même que la communauté internationale ne peut être "condamnée à observer" la situation sur le terrain, notamment la progression de la colonisation israélienne.