Islam Uddin
28 Juillet 2026•Mise à jour: 28 Juillet 2026
La Corée du Sud prévoit de présenter un projet de loi spéciale qui réaffirmerait légalement son engagement à ne pas développer ni posséder d'armes nucléaires, tout en faisant progresser son programme de construction de sous-marins à propulsion nucléaire, selon un rapport de l'agence de presse Yonhap citant mardi des sources gouvernementales.
La législation proposée, qui devrait être soumise à la consultation publique par le ministère de la Défense, énonce cinq principes fondamentaux pour le projet de sous-marins à propulsion nucléaire du pays.
S'il est adopté, ce texte marquerait la première fois que l'engagement de la Corée du Sud à ne pas développer ni posséder d'armes nucléaires est explicitement codifié dans le droit national.
En vertu de ce projet de loi, il serait interdit au gouvernement de développer, fabriquer, posséder ou utiliser des armes nucléaires, ainsi que de se livrer à des activités impliquant des matières nucléaires destinées exclusivement à des fins d'armement nucléaire ou à des actions susceptibles de porter atteinte au régime mondial de non-prolifération nucléaire.
Cette initiative est perçue comme un effort visant à apaiser les inquiétudes, en particulier aux États-Unis, quant au fait que la quête de Séoul pour obtenir des sous-marins à propulsion nucléaire pourrait à terme déboucher sur un programme d'armement nucléaire national.
Selon le rapport, le projet de loi réaffirme également les obligations de la Corée du Sud au titre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), impose la coopération avec les organisations internationales tout au long du processus de développement des sous-marins, et exige des garanties pour protéger la population et l'environnement contre les matières radioactives.
La législation est également conçue pour accélérer le projet de sous-marins en l'exemptant, entre autres mesures, d'une étude de faisabilité préliminaire.
Le programme sud-coréen « Jang Bogo N » vise à développer des sous-marins d'attaque à propulsion nucléaire alimentés à l'uranium faiblement enrichi avec l'accord des États-Unis, à la suite d'un accord conclu lors d'un sommet entre les dirigeants des deux pays alliés en octobre dernier.
Le gouvernement prévoit de lancer son premier sous-marin à propulsion nucléaire au milieu des années 2030, son déploiement opérationnel étant attendu au cours de la seconde moitié de la décennie.
Bien que les spécifications techniques n'aient pas été officiellement divulguées, les autorités de la défense projettent de construire trois sous-marins de la classe des 8 000 tonnes.
Lors de la présentation de la feuille de route du projet en mai, le ministre sud-coréen de la Défense, Ahn Gyu-back, a souligné que Séoul restait attaché à ses obligations internationales de non-prolifération et travaillerait en étroite collaboration avec l'Agence internationale de l'énergie atomique tout au long du programme.
*Traduit de l’anglais par l'équipe